Afrik actu * : L’Etat malien face à ses responsabilités au Centre

Des attaques terroristes et embuscades contre l’armée nationale et les populations civiles ne cessent,  hélas, de se multiplier et devenir monnaie courante sur l’ensemble  des régions de Ségou et Mopti. Dans la quasi-totalité des cercles de Djenné, Youwarou, Téninkou, Douentza, Niono, par l’absence notoire de l’administration civile et militaire, les populations sont livrées au bon vouloir des prêcheurs intégristes religieux.

Ces véritables éminences grises des mouvements militaro-politico-religieux interdisent depuis 2013, la fréquentation des écoles classiques francophones et veulent instaurer en lieu et place des medersas. Pis, des marabouts fanatiques se substituent, à cause de l’absence des forces de sécurité et de l’Administration, aux juges et  officiers d’Etat civil et rendent justice, célèbrent des mariages. Des maires  et personnalités  proches de l’Etat sont enlevés  ou exécutés. Des  pratiques  qui semblent convenir à certaines  populations autochtones qui y adhèrent volontairement ou par peur des représailles.

Pour ne rien arranger à la situation, les terroristes procèdent  désormais  aux  attaques de forains et paysans. Lesquels ne parviennent  plus à s’atteler convenablement à leurs activités économiques, quand les forces de défense et de sécurité font  constamment l’objet  d’embuscades au cours desquelles leurs véhicules sautent sur des mines. Par conséquent, le Centre du Mali, constitué jadis de régions économiquement prospères, se meurt progressivement. La véritable responsabilité de ce désastre incombe à l’Etat malien qui a lamentablement manqué de réflexe d’anticipation, laissant les populations à leur sort.

Les régions de Ségou et de Mopti, depuis la fin de l’opération française Serval (qui a permis de  stopper l’invasion des forces internationales terroristes), sont redevenues le nouveau foyer du terrorisme international. Celui-ci s’adonne aux mêmes pratiques qui avaient cours dans le nord du pays, au grand dam de l’Etat du Mali. Toutes choses qui leur avaient permis de créer  des pseudo-mouvements de libération nationale qui s’installèrent au fil des années. A telle enseigne  qu’à ce jour, le Centre du Mali s’est vu totalement empêtré dans une crise sécuritaire inédite qui empêche tout développement.

Au lieu de redéployer en nombre et en moyen suffisants les forces et défense de sécurité  et les agents de l’Administration,  pour faire  face à cette désastreuse situation, l’Etat  quasi-fragilisé et absent ne fait qu’empirer les conditions de vie des populations par des mesures draconiennes dont les conséquences n’ont pas  été mesurées. Pour lutter contre le terrorisme, la meilleure façon n’est certainement pas  d’empêcher les paysans et forains de vaquer librement à leurs occupations dans leurs terroirs.

C’est hélas, le choix qu’ont fait les autorités maliennes lorsqu’elles  décrètent   l’interdiction de circuler à moto et à bord de pickup, dans ces régions du Centre. Des moyens qui permettent         pourtant aux populations de booster leurs productions agricoles ou d’aller tout simplement d’un marché à l’autre.

Iront-elles jusqu’à généraliser cette mesure sur toute l’étendue du territoire national, quand on sait que ce sont les deux principaux modes opératoires des terroristes ?

Gaoussou Madani Traoré

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