Afrik actu * : Lutter contre l’insécurité au Sahel : C’est aussi vaincre la paupérisation

Depuis un certain temps, les attaques terroristes  meurtrières, déjà  très endémiques au Mali depuis  la fin de l’opération française  Serval, ne cessent  de se multiplier   dans l’ensemble  des  pays du Sahel, notamment  au Burkina Faso et au Niger contre  les positions  militaires  et les populations  civiles.  Des faits  étayés  par  les récentes  opérations  meurtrières   menées  par les groupes armés terroristes et narcotrafiquants   aux frontières de ces pays.

C’est sur ce contexte  de malaise profond que l’émissaire des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambass, s’est basé pour mettre en garde la Communauté internationale (CI), en l’occurrence le Conseil de Sécurité des Nations Unies, contre le risque d’extension de la crise sécuritaire du Mali aux pays de la région sahélienne, notamment au Burkina Faso et au Niger.

Or, il y a quelques semaines, en vue de lutter efficacement contre le terrorisme à l’intérieur des frontières de ces pays, le  Conseil de sécurité des Nations Unies n’avait pas manqué de donner son feu vert pour la constitution d’une force commune aux 5 pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger et Tchad), appelée Force conjointe G5 Sahel. Néanmoins, il doit  davantage s’investir pour  son opérationnalisation, car ce seul aval onusien ne servira pas à grand-chose.

Il faut forcément  que  la  force conjointe G5  Sahel  obtienne, dans le cadre du Chapitre VII, un mandat  spécial  des Nations Unies. Ce à quoi  les Etats-Unis et la Grande Bretagne s’opposeraient, par crainte d’alourdir la facture de l’organisation internationale. Une crainte que le diplomate ghanéen ne comprend pas, lui qui plaide pour que l’ONU prenne en charge le défi sécuritaire au Sahel.

Toutefois, ce  défi sécuritaire ne saurait se résoudre avec la seule force armée. C’est ce que certains pays européens ont compris logiquement. Constatant que l’insécurité et la pauvreté s’alimentent réciproquement, ils trouvent qu’en plus de l’approche sécuritaire pour lutter contre le terrorisme, il faut surtout améliorer les conditions de vie des populations sahéliennes et renforcer l’Etat de droit afin d’assurer une stabilisation pérenne.

Ainsi,  pour  rendre  plus concrète cette politique,  Emmanuel Macron, lors du sommet du G5 le 2 juillet  à Bamako, a plaidé  en faveur du développement  économique des pays sahéliens. Ce qui a conduit  la France et l’Allemagne,    lors du Conseil des ministres franco-allemands du 13 juillet dernier, à acter  leur participation à l’Alliance pour le Sahel. Une  structure  qui  vise à faciliter les échanges et la mise en commun des financements entre bailleurs internationaux pour accélérer et rendre plus efficace l’aide au développement du Sahel.  Vivement, la participation d’autres pays développés.

Gaoussou Madani Traoré

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