Afrik’Actu* : Afrique du Sud : L’inébranlable Zuma

En votant 198 voix pour son maintien au pouvoir et 177 en faveur de son éviction, le Parlement sud-africain décide, une fois de plus, que Jacob Zuma peut  continuer de  remplir sa tâche de Président à la tête de la nation Arc-en-ciel. Le vote à bulletin secret, voulu et exigé par l’opposition, n’aura pas servi à grand-chose. Il ne recueillerait qu’une trentaine de voix par rapport au vote précédent. Très insuffisant  pour occasionner  la destitution du chef de l’Etat et de son gouvernement.

L’ultime motion de défiance, comme les chiffres l’attestent, n’aura  pas eu raison de lui.  Ainsi le Président sud-africain, en dépit de son empêtrement  depuis plusieurs années dans une quantité de scandales mêlant politiques, conflits d’intérêts  et soupçons de corruption, s’en sort fort bien et reste  inébranlable.  Ce qui fait que Zuma résiste à sa quatrième  motion de défiance.  Comme ce fut par exemple  le cas,  lorsque l’opposition, indignée par son refus de livrer le président soudanais,  Omar El Béchir, à la Cour pénale internationale, lui reprochait d’avoir violé la Constitution.

Toutefois, le président sud-africain devra relativiser sa  courte victoire pour   continuer de résister à une opposition qui ne proviendrait plus que de la seule opposition parlementaire. Les scandales politico-financiers ont servi d’engendrer  des oppositions  au sein de sa propre majorité.  A telle enseigne que l’African National Congress  (ANC), le parti au pouvoir depuis la fin de l’Apartheid,  se retrouve de plus en plus fracturé entre différents clans.  Son secrétaire général et son vice-président allant jusqu’à réclamer des enquêtes contre lui, pour des corruptions présumées. De forts  signaux  indiquant que le prochain congrès de l’ANC, prévu en décembre,  sera houleux et même très houleux.

Les congressistes, le moment venu, n’auront qu’une alternative  lors  de leur rencontre : transcender politiquement leurs différends ou faire éclater le parti de Nelson Mandela, d’Ahmed Kathrada et  de Denis Goldberg. La dernière option serait suicidaire et risque d’écarter pour longtemps l’ANC du pouvoir, au profit d’autres coalitions de plus en plus structurées  pour présider aux destinées de la nation. Ce qui est à craindre, même si celles-ci sont hétéroclites et n’ont pour principale cible que  le président Zuma.

Pourtant, le vice-président sud-africain, Cyril Ramaphosa,  et le président Zuma, pour l’intérêt général de leur parti, devront forcément composer. En bons leaders, ils  devraient  trouver un compromis idoine  qui fédérerait  l’ensemble des clans autour de l’essentiel. Ce qui  permettra à l’ANC de se doter d’un chef consensuel qui serait à l’abri de tout soupçon de corruption. Ce dernier, devant aussi avoir un profil de rassembleur,  devra s’atteler,  avant l’élection du prochain président,  de réconcilier tous les clans afin de redonner à leur parti son tonus d’antan.

 Gaoussou Madani Traoré

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