Camps de chirurgie gratuite des cas d’hydrocèle : 165 patients concernés

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique en collaboration avec l’Organisation Ouest-africaine de la Santé (OOAS) et la Banque mondiale, organise dans les districts sanitaires de Bougouni et de Kolondiéba, en 3ème région, des camps de chirurgie gratuite pour la prise en charge de l’hydrocèle et la filariose lymphatique. Les travaux des camps qui ont démarré le 6 novembre dernier, ont été officiellement lancés le jeudi 9 novembre 2017 à Bougouni par Dr Bourama Koné, conseiller technique, représentant le Ministre de la Santé et de l’hygiène publique en présence du Directeur général de l’OOAS, Xavier Crespin, du maire de Bougouni, Issaka Coulibaly, du préfet de Bougouni, Ousmane Christian Diarra ainsi que de plusieurs notabilités.

La filariose lymphatique, connue également sous le nom d’éléphantiasis, est une maladie due aux piqûres de moustiques femelles. Des résultats satisfaisants ont été obtenus après plusieurs années de lutte contre la filariose lymphatique. Sur les 75 districts sanitaires endémiques, le traitement contre la filariose lymphatique dans 49 districts sanitaires a été arrêté. Cependant, dans les 26 districts sanitaires restants, l’évaluation a montré une prévalence inférieure au seuil d’endémicité de 1% préconisé par l’OMS comme critère d’évaluation pour l’arrêt du traitement.

La région de Sikasso qui enregistre le taux de prévalence le plus élevé en nombre de cas de complications a donc été choisie comme région pilote en matière de prise en charge des hydrocèles.

Le représentant du chef de village s’est réjoui de la tenue de ce camp de chirurgie qui viendra soulager les malades de l’hydrocèle, qui selon lui, est une maladie invalidante. Il a remercié le ministre de la santé et de l’hygiène publique et ses partenaires pour ce geste.

Pour le maire de Bougouni, Issaka Coulibaly, cette initiative entièrement financée par l’OOAS à hauteur de plus de 82 millions FCFA, est une aubaine pour les populations qui connaissent quelques difficultés d’accès aux services de santé. Il a profité de l’occasion pour exprimer le vœu de la construction d’un hôpital doté de personnel qualifié à Bougouni.

Dans son propos, le Directeur général de l’OOAS, Xavier Crespin, a remercié le gouvernement du Mali pour les efforts déployés dans l’exécution des programmes de développement du secteur de la santé. Pour sa part, l’OOAS entend à travers le projet P/MTN, poursuivre ses efforts d’accompagnement du Mali et des autres pays afin de rendre accessibles les prestations de soins aux patients.

« Nos services de santé, dotés de compétences techniques et d’équipements adéquats, ont prouvé que la prise en charge de ces complications peut se faire en donnant de bons résultats. Sur environ 2000 cas d’hydrocèle recensés depuis 2010, 855 cas ont été opérés avec succès de 2014 à 2017 dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Tombouctou  et 114 cas d’éléphantiasis ont  été pris en charge  à Bamako et Koulikoro, sur financement de ENDFUND à travers Helen Keller International. Le nombre de cas théoriques d’hydrocèle restant à opérer est de 1145 », a expliqué Dr Bourama Koné.

Aussi, dans la région de Koulikoro en 2015, 164 cas d’éléphantiasis  ont  été pris en charge sur financement de CDC/Atlanta (centre de prévention et de contrôle des maladies). Toujours selon le Dr Koné, d’autres interventions sont programmées d’ici fin 2017 dans les districts sanitaires de Koutiala, Kadiolo, Yorosso, Tominian, Koro et Tombouctou. En perspectives, rassure le représentant du ministre de la santé et de l’hygiène publique, des études pour arrêter le traitement de masse de la filariose lymphatique dans les 26 districts restants sont planifiées pour 2018.

Les présents camps de chirurgie gratuite à Bougouni et Kolondiéba qui dureront du 06 au 13 novembre devront permettre de prendre en charge 165 patients enregistrés.

La cérémonie a été agrémentée par les prestations musicales de la Diva du Didadi, Nahawa Doumbia et un sketch de sensibilisation du groupe Gnogolon sur la maladie.

A noter que cette opération s’inscrit dans le cadre de l’exécution du projet Paludisme et Maladies Tropicales Négligées au Sahel (P/MTN) lancé en juillet 2016 à Bamako. Ce projet a pour but d’accroître l’accès et l’utilisation des services à base communautaire harmonisés pour la prévention et le traitement du paludisme et de certaines MTN dans les zones transfrontalières des pays bénéficiaires.

Daouda T. Konaté

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