Conditions d’accueil des Maliens rapatriés du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger : Une mission d’évaluation du département de la Solidarité sur le terrain

Après Tombouctou et Gao, la mission nationale du Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire, s’est rendue du 1er au 9 juin 2017, dans les régions de Mopti et Ségou. L’objectif de cette mission est l’évaluation des conditions d’accueil des Maliens rapatriés du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger. Ces régions comptent actuellement 2893 rapatriés volontaires, dont 2057 à Mopti.

Le Chef de la délégation, Abdoulaye MAIGA, Conseiller Technique au Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire, était accompagné du Coordinateur National Chargé du Rapatriement, Abdoulaye Séga TRAORE, des membres du cabinet du Ministre KONATE et des Directeurs Nationaux, notamment celui du Développement Social et de l’Economie Solidaire. Mme Fatoumata CISSE, porte-parole des femmes rapatriées à Tientienbougou, localité située dans la commune de « Mariko » (cercle de Niono), a communiqué une série de doléances à la délégation nationale : « Il nous faut une adduction d’eau, des équipements agricoles et du matériel pour mener des activités comme l’artisanat ».

Très réconforté par les différents appuis du Ministère en charge de la solidarité, le Chef de fraction des rapatriés de Tientienbougou, M. HAIDARA, a témoigné que les rapatriés refont leur vie sur de nouvelles bases. « Éleveurs hier et agriculteurs aujourd’hui, chaque famille a reçu, à cet effet, des parcelles irriguées dans la zone Office. Et les autochtones aussi ont mis à notre disposition, une centaine d’hectares ».

  1. HAIDARA s’est plaint par ailleurs, des difficultés d’accès à l’eau et à l’éducation pour les enfants. En effet, les enfants en classe de 4ème, 5ème et 6ème années, doivent se rendre dans un autre village pour suivre les cours. Et les femmes sont quotidiennement soumises à des corvées d’eau. Les rapatriés ne regrettent pas, pour autant, leur décision de revenir au pays. « Le Mali reste notre pays, notre patrie, c’est pourquoi nous sommes revenus. Chacun veut être chez soi. Et nous encourageons nos compatriotes qui sont encore à l’étranger à rentrer au bercail », a lancé Fatoumata CISSE, porte-parole des femmes de Tientienbougou. Elle a aussi exhorté les autorités à leur apporter plus d’aides, dans la mesure du possible.

En réponse à ce cri de cœur, le chef de la délégation, Abdoulaye MAIGA, a précisé que « d’autres actions concrètes seront très prochainement entreprises pour soulager les souffrances des rapatriés à Tientienbougou qui ont déjà bénéficié de l’attention du Ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire». Pour mémoire, il a été distribué aux rapatriés, de janvier à aujourd’hui, 129 tonnes de mil et 26 tonnes de riz, sans compter les non-vivres dans la région de Ségou.

Après Tientienbougou, la délégation a mis le cap sur Kanabougou, un autre village du cercle de Niono qui accueille 43 familles rapatriées. Celles-ci ont les mêmes besoins que leurs frères et sœurs de Tientienbougou.

La délégation au cours des entretiens, leur a demandé d’exprimer l’aide nécessaire aux femmes notamment, pour leur permettre d’être relativement indépendantes. Aïcha, la porte-parole des femmes de Kanabougou répond : «surtout des moyens adéquats pour qu’on fasse le maraîchage et le développement de nos activités concernant l’artisanat ». Pour elle, les activités génératrices de revenus (AGR) occupent une place importante dans la survie des familles.

De leur côté, les jeunes par la voix de M. Mohamed, ont cité le désœuvrement de la jeunesse, comme l’un des gros problèmes auxquels le site de Kanabougou est confronté. « Les jeunes ne font rien », a-t-il dit, avant de solliciter l’aide des autorités.

Toutes ces doléances, a rassuré le chef de la mission, seront examinées afin d’y apporter des réponses adéquates. « Le Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire a toujours été à nos côtés, depuis qu’on est revenu au pays. On a reçu des vivres et des non-vivres », a témoigné Hatan Ag TAHAMA, Chef de fraction à Kanabougou. Après avoir remercié le département en charge de la Solidarité pour ces appuis, il appelle les réfugiés Maliens vivant dans les pays voisins à regagner la patrie. « Nous bénéficions d’une grande attention. Il y a des appuis en vivres et autres », a lancé Hatan à l’attention de nos compatriotes encore réfugiés au Burkina Faso, en Mauritanie, au Niger…

Auparavant, la délégation était à Mopti. Dans cette localité, les services déconcentrés du Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire ainsi que leurs partenaires travaillent sans relâche pour soulager nos compatriotes qui ont décidé de rentrer au pays.

Arrivés à Mopti le 2 juin, les missionnaires ont rendu une visite de courtoisie au Gouvernorat de la région (Directeur de Cabinet) et ont eu des séances de travail avec le personnel de la Direction Régionale du Développement Social et de l’Economie Solidaire avant de rencontrer les acteurs humanitaires qui évoluent sur le terrain.

Ceux-ci, à l’image de l’UNHCR, renforcent les actions de l’État qui, à travers le ministère en charge de la solidarité, continue d’aménager les sites d’accueil. Ce département a également fourni en 2017 des aides alimentaires à 2057 (636 ménages) rapatriés à travers toute la région.

A Mopti et à Ségou, la délégation a visité des magasins de sécurité alimentaire pour répondre aux demandes des nécessiteux, notamment les rapatriés. « Nous nous réjouissons de la qualité des stocks qui sont dans ces magasins », a affirmé Abdoulaye MAIGA. Il a précisé que des stocks ont été acheminés sur plusieurs sites « pour servir nos compatriotes ».

Cette mission nationale a permis d’avoir une compréhension globale de la situation humanitaire et de protection des personnes déplacées dans les régions de Mopti et Ségou. Le Ministère en charge de la Solidarité continuera à mettre davantage en place des dispositifs, afin de créer les conditions d’un retour rapide des personnes déplacées ou réfugiées dans leurs lieux d’origine.

Pour rappel, il a réalisé sur 12 sites d’accueil des rapatriés (il en existe 34 sur l’ensemble du territoire), des centres de santé, des adductions d’eau et autres infrastructures.

Source : CC/MSAH

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