Construction du seuil de Djenné : Les bénéfices avant même la fin des travaux

 Une équipe de journalistes de la presse écrite est en visite dans les zones d’intervention du Programme de Développement de l’Irrigation dans le Bassin du Bani et à Selingué (PDI-BS). Objectif, constater de visu les réalisations faites par ce Programme dont le but est de contribuer à l’accroissement de la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté. Conduite par le Secrétaire du Coordinateur national du PDI-BS, Gaoussou Barry, et le chargé de la Communication, Oumar Korkosse, la caravane a démarré sa tournée par le seuil de Djenné, le mardi 15 août 2017, elle a pu constater l’avancement des travaux de construction du seuil et des ouvrages connexes.

C’est au siège de l’unité locale de gestion du PDI-BS que l’équipe de journalistes a été reçue par le Coordinateur local, Doudou Touré, en présence de ses agents. Dans une présentation sommaire du schéma d’aménagement, M. Touré a expliqué l’historique de l’adoption du schéma d’aménagement de 2009 par l’Etat, document de base des travaux de construction du seuil de Djenné. Il a surtout mis l’accent sur les potentialités d’aménagement des plaines de Djenné et la portée économique.

Après cette brève présentation, les journalistes ont rendu visite au Préfet de Djenné, M. Bollé Baby, qui a souhaité la bienvenue à la délégation. «Nous faisons de belles choses ici malgré l’insécurité. Les attaques n’ont pas d’effets sur la vie des populations », a déclaré M. Baby. Parlant du barrage en construction, il a ajouté que les populations tirent déjà profit du seuil. «L’impact sera incontestable à la fin des travaux du projet », a fait savoir le premier responsable de l’administration locale.

La fin des travaux du seuil de Djenné prévue pour avril 2018

Guidés par Salif Traoré, Chargé des infrastructures, les journalistes se sont d’abord rendus au canal régulateur de la plaine de Pondori. L’ouvrage d’un débit  de 100 litres par seconde, réceptionné en 2015, permet de retenir l’eau ou d’alimenter à souhait la plaine de Pondori. De ce lieu, l’équipe a mis le cap sur l’ouvrage principal qui est le barrage de Djenné. Ici, les travaux sont à l’arrêt suite à la montée des eaux. Le 1er lot constitué des travaux de génie civil a été exécuté à 100%. Le 2ème  lot qui concerne les équipements, est exécuté à 79% pour un délai consommé de 49%. Quant au 3ème  lot, à savoir la pose du pont long 315 m, selon Salif Traoré, il sera effectif en avril 2018 après le redémarrage des travaux en décembre prochain.

Outre le seuil, le PDI-BS a réalisé des digues et routes d’accès au barrage en rive droite et en rive gauche de 25,6 km ; des digues de protection en amont sur les rives droite et gauche de 54 km. La délégation a aussi visité le périmètre en maîtrise totale de Sarantomo, d’environ 758 ha et le casier de submersion contrôlée de Djenné, de 5 670 ha.

Pour donner toutes les chances aux paysans d’exploiter au mieux les aménagements et d’en tirer un meilleur profit, le PDI-BS a réalisé un centre communautaire à Sarantomo. L’infrastructure réalisée à hauteur de 70% abrite des salles de formation pour les exploitants, un bâtiment de conditionnement et de fabrication de glace, des magasins de stockage, une chambre froide pour la conservation du poisson, etc. Toujours dans ce secteur, les journalistes ont pu visiter le chantier du siège de l’unité de gestion du PDI-BS de Djenné.

Environ 300 millions FCFA pour recaser les trois villages déplacés

Tako, Soala et Konni Bozo sont les trois villages déplacés dans le cadre des aménagements. Le programme a entièrement pris en charge leur recasement. Le coût de construction des maisons, la viabilisation des terrains, la construction d’infrastructures de base (école, centre de santé, château d’eau, électricité solaire, mosquée, etc.), ont été assurés par le PDI-BS à hauteur de près de 300 millions FCFA. « Nous avons tout eu avec le PDI-BS. Le projet nous  a sortis de l’obscurité. Ici nous ne nous plaignons de rien », a déclaré Mody Djenepo, conseiller au chef du village de Tako. Toutefois, les populations n’ont pas caché leur sentiment quant au retard accusé dans l’opérationnalisation du centre de santé.

Pour Abou Sow, président de l’association des éleveurs de Djenné et Ousmane Kantao, de la Coopérative du poisson, le seuil de Djenné avant la fin des réalisations, est en train de combler les attentes. Selon M. Kantao, 300.000 tonnes de poisson ont été pêchées entre septembre et octobre 2016. « Les preuves de l’amélioration dans la production de poissons sont déjà là et tout le cercle nourrit de l’espoir pour la fin des travaux du seuil, car Djenné sera la plaque tournante du poisson », a conclu Kantao.

Le responsable de la mise en œuvre du Programme de Développement de l’Irrigation dans le Bassin du Bani et à Selingué (PDI-BS) à Djenné, M. Doudou Touré, se réjouissant de la synergie des efforts de chacun pour la réalisation du seuil de Djenné, a mis l’accent sur la volonté politique qui a permis l’initiation du projet pour le bien des populations.

*envoyé spécial   Daouda T. Konaté*  

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