Diaspora : Qui veut diviser les Maliens de l’extérieur ?

Depuis la réélection du Président des Maliens du Gabon, Habib Sylla, à la tête du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME) le 23 août 2015, les partisans du « plan B » sont à l’œuvre. Autopsie d’une tentative d’usurpation aux relents régionalistes.

Qui est Malien de l’extérieur et qui peut diriger la diaspora ?

Les Statuts du HCME disposent qu’est Malien de l’extérieur tout ressortissant malien qui a une résidence permanente à l’étranger depuis au moins six mois et qui est immatriculé au sein d’une mission diplomatique et consulaire. De retour au Mali, il conserve cette qualité pendant un an encore. L’organisation faîtière de la diaspora malienne est représentée dans 65 pays et sur tous les continents par un Conseil de Base des Maliens de l’Extérieur (CBME). Ce sont les présidents des CBME qui se réunissent tous les cinq ans en Conférence à Bamako pour élire le Président du HCME. Personne ne peut donc s’autoproclamer Président de la diaspora malienne s’il n’a fait ses preuves dans un pays d’accueil à l’étranger et s’il n’a pas le soutien des Maliens de ce pays. Au nom des Maliens de quel pays et avec quel mandat parlent tous ces agités, véritables pêcheurs en eaux troubles qui ont cru pouvoir prendre des raccourcis, en s’appuyant sur des politiciens myopes et totalement ignorants des réalités de notre diaspora ? Comment des individus sans fait d’arme connu, souvent contraints au retour pour indélicatesse et cherchant un point de chute au Mali, peuvent-ils du jour au lendemain s’arroger le droit de parler au nom de la diaspora ? Le Ministère de l’Administration Territoriale devrait chercher à comprendre pourquoi une association créée le 4 septembre 2015, a été amenée à organiser en catimini une assemblée générale en décembre 2015, pour changer de président après la phase d’enquête administrative.

 

L’implication outrancière de politiciens aveuglés par l’appât du gain

Certains hommes politiques et des cadres de l’administration ont été mis à contribution pour diviser les Maliens de l’extérieur à l’image de la société civile de l’intérieur. Trafics d’influence, manœuvres politiciennes, esprit de clan, tribalisme, régionalisme, tous les ingrédients d’un cocktail explosif ! Pourtant, les plus compromis dans cette affaire ne sont pas des hommes politiques de l’opposition.  Les comploteurs doivent savoir que le HCME est une force tranquille qui, depuis sa création, évolue en dehors du giron politique. C’est un pur produit de la Conférence Nationale de 1991, donc un outil au service du peuple malien. C’est pour cela que malgré son audience, il n’a jamais appelé à voter pour un candidat et ne saurait laisser prospérer une imposture préparée par des individus à la moralité douteuse. Leurs soutiens sont également à l’œuvre au sein de la Commission préparatoire de la Conférence d’Entente Nationale pour obtenir la division de la représentation de la diaspora, au motif qu’une nouvelle association a présenté un récépissé. Mais qu’est-ce qu’un récépissé à côté du Décret présidentiel et de la reconnaissance d’utilité publique du HCME ? Ignorance ou mauvaise foi ? Pour arrêter ce cirque de mauvais goût, le Président du HCME pourrait bien finir par saisir les autorités compétentes car, il n’est pas question de laisser des apprentis-sorciers mettre le feu sous le regard bienveillant de quelques pyromanes impénitents.

Les relations du HCME avec l’Etat et le pouvoir politique

De par sa nature et ses objectifs, le HCME ne prend jamais part au débat politicien même s’il reste fortement impliqué dans toutes les formes de soutien à l’Etat républicain et aux populations. Des dizaines de pays africains ont déjà sollicité son expertise pour organiser leur diaspora. Par principe, il établit des relations de bonne collaboration avec tous les présidents élus du Mali, en restant fidèle aux doléances des Maliens de l’extérieur et à la défense de leurs intérêts en toutes circonstances. C’est ce qu’il fait grâce aux différents rapports transmis au gouvernement, à l’action de ses représentants au Haut Conseil des Collectivités ou au Conseil Economique, Social et Culturel, en attendant de le faire au sein du futur Parlement. Il en a été ainsi sous Alpha Oumar Konaré avec le principe de la double nationalité pour les Maliens de l’extérieur, sous Amadou Toumani Touré avec le refus de l’immigration choisie de Sarkozy et cela se poursuit sous IBK avec le rejet de l’Accord de réadmission. Aucune association ne peut rivaliser avec le HCME pour trois bonnes raisons. D’abord, les conditions de sa création sont singulières et liées à la Conférence Nationale de 1991 qui l’a conçu comme la faîtière de la diaspora. Ensuite, son système d’organisation est unique car tous ses premiers responsables (Président, membres du Conseil d’administration et du Bureau Exécutif) appartiennent à un conseil de Base à l’étranger, au contraire des vendeurs d’illusions qui vaquent à Bamako à des occupations mal définies. Enfin, le HCME est l’interlocuteur du gouvernement et il est reconnu d’utilité publique par un Décret présidentiel. Bien sûr, tout n’est pas encore parfait en son sein mais le HCME est incontestablement une organisation hautement stratégique dans la gestion de la diaspora, sans laquelle le gouvernement du Mali se trouverait face à des centaines d’associations et à des milliers d’interlocuteurs, avec tout le désordre qui pourrait en résulter tant au Mali qu’au sein des missions diplomatiques et consulaires à l’étranger. Il est temps de le rappeler à tous, car lorsque l’ombre du pygmée grandit, c’est que le soleil n’est pas loin de se coucher.

Si l’on n’y prend garde, ce qu’Alpha Oumar Konaré et ATT ont su éviter à la diaspora risque de prospérer par la faute de politiciens atteints de cécité. La diaspora est une bénédiction pour le Mali et les gouvernants devraient travailler à sa cohésion au lieu de laisser des prédateurs y introduire le virus de la haine et de la division.

Secrétariat Permanent du HCME Cellule de communication

 

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