Entre nous : L’inévitable escalade ?

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, reste droit dans ses bottes, ouvert au dialogue mais inflexible sur la tenue du référendum pour permettre au peuple de se prononcer sur le projet de révision de la Constitution du 25 février 1992. L’interview accordée par le Chef de l’Etat à notre confrère Sidiki Y. Dembélé, rédacteur en chef de la télévision nationale, ne permet pas de comprendre l’agenda du Président IBK ni son agenda sur la tenue du référendum. On saurait davantage avec la fin des consultations entamées par le chef de l’Etat. Lesquelles se poursuivent normalement au rythme voulu par le garant de la cohésion nationale.

Comme il avait annoncé en début juin, il n’est pas question de retirer le projet de révision constitutionnelle. De l’autre côté, la Plateforme « An tè A bana Touche pas à ma constitution » se radicalise et lance un ultimatum au Chef de l’Etat pour le retrait du texte. Les partisans du OUI préparent une grande marche pour le 19 août prochain, comme pour montrer que la Plateforme An tè A bana n’a pas le monopole de la rue. L’escalade semble être inévitable. Les positions sont inconciliables. Maintenant, deux scénarios sont possibles.

Primo : le Président de la République et son gouvernement arrivent à damner le pion à la vague contestataire et organisent le référendum.

Secundo : les opposants investissent les rues et engagent avec le pouvoir un bras de fer, lequel va être le déclencheur d’un chaos généralisé qui profitera aux séparatistes de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) et servira de prétexte pour leurs soutiens tapis dans l’ombre d’accélérer le processus de division du Mali.

Le maintien du référendum, dont la date n’est pas encore fixée, risque d’avoir des répercussions sur les échéances électorales, notamment la présidentielle de 2018 et les régionales initialement prévues pour les mois d’octobre et de novembre 2017. Les manifestations contre le projet de révision auront des conséquences sur les préparatifs de ces scrutins. Le temps n’est pas le meilleur allié du Président de la République et de son gouvernement.

Au sommet de l’Etat, il serait important de ne pas perdre de vue les nouveaux vents qui ont tendance à ravir la vedette aux leaders politiques et religieux en termes de mobilisation. Au-delà du projet de révision constitutionnelle, les mouvements de foule constituent les signes d’un ras-le-bol, voire le rejet d’un système et de tous les hommes qui l’incarnent. Il ne faut pas négliger les mouvements de contestation surtout dans le contexte actuel marqué par le cumul des déceptions et des frustrations. Tout changement commence par de petits mouvements qui deviennent, par la suite, incontrôlables.

La situation dans laquelle le Mali se trouve aujourd’hui fait plus que peur. L’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali est dans l’impasse. Le projet de révision de la Constitution est et demeure une véritable source de discorde.

Que Dieu sauve le Mali !

Par Chiaka Doumbia

 

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