La Plateforme « An Tè, An Bana » dans la rue : «Un autre signal fort, très fort au Président IBK»

La grande mobilisation du samedi 15 juillet 2017, selon les responsables de la Plateforme « An Tè, An Bana -Touche pas à ma Constitution », est « un autre signal fort, très fort, un carton rouge au Président de la République, au gouvernement et au ministre de la Réforme de l’État qui sont allés chercher à l’étranger une Constitution qu’ils voudraient substituer à celle adoptée par le peuple souverain du Mali au lendemain de la conférence nationale de toutes les forces vives du pays ».

C’est la troisième grande manifestation organisée par les opposants au projet de révision de la Constitution du 25 février 1992 initié par le Président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta. A la différence de la marche du 17 juin dernier et du meeting du 1er juillet, la marche du samedi 15 juillet a été synchronisée dans les capitales régionales comme Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou, Bandiagara et, en France.

De la place de la Liberté à la Bourse du Travail, c’était une véritable marrée humaine qui a marché sur une distance de 3 km environ pour dire une fois de plus Non au projet de révision constitutionnelle. En première ligne, des personnalités de marque à l’image d’Amadou Thiam, Vice-président de la plateforme, Soumaïla Cissé, Chef de file de l’opposition, Daba Diawara, Président du PIDS, Hamadoun Dicko du PSP, Djibril Tangara de la FCD, Tiébile Dramé du Parena, Zoumana Sacko de la CNAS Faso Hèrè, Modibo Sidibé des FARE, Djiguiba Keita dit PPR sans oublier les artistes comme Roberto Magic, Master Soumi et bien d’autres.

N’an Laara, An SAARA

Malgré une fine pluie et un impressionnant dispositif sécuritaire, les marcheurs étaient déterminés à se faire entendre du Président de la République afin de l’amener à retirer le projet de réforme constitutionnelle. « Main dans la main », des milliers de marcheurs scandaient « Non au referendum ». Les slogans sur les pancartes et banderoles se résument ainsi : « IBK, choisis ton pays et non les engagements internationaux », « N’an Laara An Saara », « IBK dégage ». Sur le long du trajet, les riverains ne cachaient pas leur amertume contre cette révision constitutionnelle tout en réclamant les dépliants sur lesquels c’était écrit NON au referendum pour faire self. Les personnes de mobilité réduite se débrouillaient à faire le trajet tout en exprimant leur refus.

Arrivés au niveau du Boulevard de l’indépendance, les responsables de la plateforme ont salué les manifestants pour leur grande mobilisation. Une occasion pour Zoumana Sacko de la CNAS Faso Hèrè de répondre au Secrétaire général du RPM, qui selon lui, a fait une usurpation de fonction. Car, à l’en croire,  Baber Gano ne doit pas se substituer au ministre de l’intérieur en déclarant que l’administration est partout au Mali. L’artiste Roberto Magic, menacé pour sa chanson contre le régime, fustige la gouvernance du pays. « IBK est incapable et incompétent pour diriger le Mali », a-t-il souligné. En l’absence de la présidente de la Plateforme, Mme Sy Kadiatou Sow, en déplacement à Bruxelles, l’honneur est revenu à l’honorable Amadou Thiam de lire la déclaration de la plateforme. « Ce samedi 15 juillet, est un autre jour historique dans la longue lutte du peuple malien pour la dignité, la justice sociale et la démocratie. La marée humaine de ce jour est le témoignage éloquent de la détermination des forces vives du Mali à combattre le mépris, l’arrogance, l’autisme et les tentatives d’instaurer dans notre pays un pouvoir personnel rétrograde », déclare-t-il. Selon lui, « la mobilisation de ce jour est un autre signal fort, très fort, un carton rouge au Président de la République, au gouvernement et au Ministre de la Réforme de l’État qui sont allés chercher à l’étranger une Constitution qu’ils voudraient substituer à celle adoptée par le peuple souverain du Mali au lendemain de la conférence nationale de toutes les forces vives du pays ».

Dignité malienne piétinée

« Leur Constitution, la Constitution d’IBK et de Tapo, n’est pas la nôtre. Notre Constitution a été écrite avec le sang du peuple. Leur constitution a été écrite avec l’encre de l’argent du peuple par…..des juristes étrangers. Ils ont osé, oui, ils ont osé ! Dans le mépris de la dignité du Mali !  Soundiata Keïta, Soni Ali Ber, Sékou Ahmadou Barry, Biton et Damonzon, El Hadj Omar, Samory Touré, Mamadou Lamine, Tiéba et Babemba, Firhoun Ag Alinsar, Kaocen, Komi Diossé, Banzani Théra, Cheikhna Hamallah, Alla Ag Albachar, Mamadou Konaté, Modibo Keïta, réveillez-vous, la dignité malienne est piétinée ! IBK, son parti, son gouvernement et son ministre veulent imposer leur constitution à notre peuple », souligne-t-il.

« Pour parvenir à leurs fins, ils ont osé déclarer que « l’insécurité était résiduelle » et que l’autorité de l’État malien s’exerçait partout, de Kidal à Kayes en passant par Douentza, Mopti, Ténenkou, Macina et Ségou. Ils déforment les faits et chaque jour, la réalité les rattrape. La guerre d’Anéfis, l’embuscade meurtrière contre nos chers FAMAS à Ménaka, les attaques contre les postes de gendarmerie dans tout le centre, les 100 coups de fouet infligés aux agents municipaux à Korienzé, les tribunaux islamiques, les humiliations subies par les chefs de village et les notables dans les cercles de Ténenkou et de Youwarou, le drapeau national descendu, plié et rangé à Kouakourou (Djenné), c’est bien entendu de « l’insécurité résiduelle » !!! Les 600 morts de janvier à juillet, c’est de « l’insécurité résiduelle » !!! Les 500 écoles fermées, les centaines d’enseignants abandonnant leurs postes, c’est de « l’insécurité résiduelle » !!! Les dizaines de Sous-préfets fuyant leurs postes, c’est de « l’insécurité résiduelle » !!! », ironise le Vice-président de la Plateforme.

« Monsieur le Président, votre constitution n’est pas la constitution du peuple, retirez votre projet, renoncez à cette révision constitutionnelle ! Respectez les droits démocratiques du peuple malien : respectez la liberté de réunion, respectez le droit de manifestation, respectez la liberté d’expression et le droit à l’information. Cessez de harceler et de museler les radios et télévisions libres qui sont soumises à des sanctions administratives et financières qui n’honorent pas la démocratie », martèle l’honorable Amadou Thiam. Des milliers de personnes ont également marché à Kayes sous la direction d’Oumar Mariko, à Koulikoro, Ségou, Bandiagara. Par ailleurs les maliens de la France ont aussi manifesté pour signifier leur opposition au projet de révision constitutionnelle.

Modibo L. Fofana

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