Mise en œuvre de la décentralisation au Mali : 11465 projets d’infrastructures et équipements collectifs réalisés entre 2013 et 2017

Le gouvernement du Mali, en partenariat avec la Coopération allemande et le Ministère de la Jeunesse et de la construction citoyenne, a célébré la journée africaine de la décentralisation et du développement local, le 10 août 2017, au Centre de formation des collectivités territoriales sur la route de Kati. Un flashback sur  le parcours de la décentralisation fait ressortir un satisfecit général au regard des résultats atteints. C’était sous la houlette du Ministre de la Décentralisation et la fiscalité locale, M. Alhassane Ag Hamed Moussa, en présence du maire de Kati, M. Yoro Ouologuem, du Directeur du PADRE, François Menguelé, du représentant des partenaires techniques et financiers, M. Jan Meise, du président de l’Association malienne des Municipalités, Boubacar Bah dit Bill et de nombreux représentants des collectivités.

«Égalité des chances, autonomisation socio-économique et participation de la jeunesse à la gouvernance locale et au développement local en Afrique », tel est le thème de la journée africaine de la décentralisation et du développement local.

Deuxième du genre après celle de 2016, la journée africaine de la décentralisation et du développement local offre aux acteurs, l’occasion de faire le bilan des actions réalisées en matière de décentralisation et de développement local, mais aussi d’instaurer un cadre de réflexion sur la mise en œuvre des politiques.

Pour le chef de file des PTF, M. Jan Meise, la célébration de la décentralisation cadre avec le contexte actuel au Mali caractérisé par un besoin de décentralisation poussée.

Au Mali, la mise en œuvre de la décentralisation a permis d’atteindre des résultats encourageants, en termes notamment de renforcement du cadre juridique et institutionnel assurant l’implantation forte et irréversible des collectivités territoriales dans le paysage institutionnel malien et d’amélioration de la couverture du territoire national en infrastructures (écoles, centres de santé, pistes rurales, points d’eau, etc.).

Selon le ministre en charge de la Décentralisation, M. Alhassane Ag Hamed Moussa, sur la seule période allant de 2013 à 2017, les investissements réalisés par les collectivités territoriales sous leur maîtrise d’ouvrage se chiffrent à 11 465 projets d’infrastructures et d’équipements collectifs, pour un coût de l’ordre de 66 milliards FCFA. « Ces réalisations, non exhaustives, illustrent à suffisance l’engagement du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, à faire de la décentralisation, le moteur du développement local et régional ».

 

Un objectif de 30% des ressources transférées aux collectivités en 2018

Le processus de décentralisation amorcé au Mali depuis plusieurs années se poursuit avec la volonté des plus hautes autorités. L’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger réserve une place de choix à la libre administration des collectivités territoriales en vue d’assurer une meilleure gouvernance du pays tenant compte de sa diversité ethnique et culturelle ainsi que de ses spécificités géographiques et socio-économiques.

C’est dans cette dynamique, a rappelé le ministre, que le conseil des ministres du 14 juin dernier a adopté des projets de loi relatifs à la libre administration des collectivités territoriales, au code des collectivités territoriales et au statut particulier du District de Bamako. Toute chose qui participe non à la mise en œuvre des réformes institutionnelles induites par ledit accord, mais aussi à l’approfondissement de la décentralisation. « Ces projets de loi consacrent d’importants changements ou innovations à travers l’introduction du suffrage universel direct pour l’élection des conseillers de cercle, l’allègement du contrôle a priori des actes des collectivités territoriales ainsi que la clarification des procédures d’élaboration, de vote et de contrôle des budgets des collectivités territoriales consécutivement à la transposition du régime financier des collectivités territoriales au sein de l’UEMOA », a expliqué M. Alhassane Ag Hamed Moussa.

Le Premier ministre, M. Abdoulaye Idrissa Maïga, dans sa déclaration de politique générale, adoptée par l’Assemblée Nationale, le 15 juin 2017, a affiché la volonté sans équivoque du gouvernement à soutenir et amplifier la stratégie de transfert des ressources aux collectivités territoriales pour la réalisation de l’objectif de 30% des ressources transférées en 2018.

Pour faire face à certaines difficultés qui persistent (faiblesse des ressources propres des collectivités, insuffisance de la redevabilité des élus etc.), le département s’attelle à apporter les réponses idoines aux défis émergents de la réforme.

Enfin le ministre a invité les participants à tirer un meilleur profit des débats sur le thème de l’édition 2017 qui porte sur la jeunesse. « Ce thème nous interpelle tous sur l’un des grands défis de la mise en œuvre de la décentralisation et du développement local, en l’occurrence, la prise en compte de la dimension genre particulièrement, la jeunesse dans le choix des priorités de développement et dans la gestion des affaires publiques locales », a-t-il conclu.

A noter que dans une présentation sur la charte africaine sur les valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local,  le Directeur du PADRE, François Menguelé, a indiqué que 12 États ont déjà signé la charte et 4 l’ont ratifiée, dont le Mali.

Daouda T. Konaté

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