Paix et réconciliation à Kidal : Le collectif des ressortissants veut prendre le taureau par les cornes

En vue de chercher les voies et moyens pour la réconciliation et la paix à Kidal, le collectif des ressortissants de Kidal à Bamako, sous la houlette du Gouverneur Ag Ichrach, a organisé une conférence-débat. C’était le samedi 15 avril 2017 au Palais de la Culture en présence des représentants des communautés de la localité, des groupes armés et des autorités intérimaires.

Si les débats ont été quelquefois houleux et sans langue de bois, l’objectif de cette conférence-débats n’était pas de se lancer des piques, mais de réfléchir ensemble afin de trouver une solution à la souffrance de la population de Kidal. Au cours des débats, certains ont affirmé que la priorité à Kidal n’est pas la paix mais d’abord, d’œuvrer à instaurer le vivre-ensemble. Car, expliquent-ils, c’est le vivre-ensemble qui est la base et le fondement de la paix. Pour ce faire, il faut que le collectif et l’ensemble des Kidalois se donnent la main pour la réconciliation de toute la population.

Selon le président du collectif, Akori Ag Iknane, il s’agit d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de Kidal qui sera la source de son développement. C’est pour cela qu’il a demandé l’engagement de tous afin que Kidal donne  l’exemple de la paix aux autres localités du Mali. A l’en croire, si les frères de Kidal se donnent la main, tout peut aller dans cette région. « Dans la région aujourd’hui, il y a plusieurs crises qui frappent la population. Il n’y a pas d’eau, pas d’école depuis des années, cette réalité est de nature à hypothéquer l’avenir des enfants de la région », regrette-t-il. Et d’ajouter qu’« il faut que l’école reprenne et que tous les services sociaux de base soient opérationnels ».

Le Gouverneur Ichrach s’est dit heureux de voir les jeunes mobilisés pour la cause de la paix à Kidal. Pour lui, la majeure partie des cadres de Kidal sont à Bamako. Donc, ils peuvent se donner la main dans le but de trouver ensemble des solutions. « Aujourd’hui, la région est dans un état total de délabrement, pas d’eau pour la population, rien ne marche » a-t-il dit. Pour lui, « le gouverneur n’a pas une baguette magique pour régler le problème de Kidal. Mais ce qu’il peut faire, c’est de créer la confiance entre les groupes armés, entre eux-mêmes et l’administration pour mettre en œuvre ensemble les bases du développement. Il s’agit aussi de mettre ensemble les communautés, créer une administration sans parti pris qui va créer la confiance entre l’Etat et la population ». Toujours selon lui, la force du développement d’une localité réside dans ses intellectuels et, dans le cas de Kidal, tous ses cadres sont à Bamako. Il s’agit alors de les mettre ensemble à travers ces genres de rencontres pour discuter et trouver des solutions.

La fin de cette conférence-débats a été sanctionnée par des recommandations sur les propositions des uns et des autres. Il s’agit entre autres de multiplier des rencontres de ce genre entre les communautés, réactiver les réseaux sociaux pour la cause de la paix entre les groupes armés, rendre plus fonctionnel le MOC pour renforcer la lutte contre la drogue et le désarmement, poser des actions concrètes de développement de la région, mettre une commission technique de suivi autour du Gouverneur pour la mise en œuvre de la feuille de route, etc.

Drissa Togola

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