Projet de révision constitutionnelle : Trait d’Union engage des échanges francs et fructueux

La conférence-débat du Mouvement Trait d’Union sur le thème : « les femmes veulent comprendre le projet de la constitution », a permis d’instaurer un échange franc et fructueux entre les partisans et les opposants au projet de révision constitutionnelle qui sera soumis au référendum le 9 juillet prochain.

Le Mouvement Trait d’Union a organisé le 17 juin dernier à la Maison de la Presse une conférence-débat sur le thème : « les femmes veulent comprendre le projet de la constitution». Co-animée par Me Kassoum Tapo, Ministre des droits de l’homme et de la réforme de l’Etat et Mohamed Cissé, administrateur civil, cette conférence-débat a enregistré la présence des ministres Traoré Seynabou Diop de l’équipement et du désenclavement, Nina Wallet Intallou de l’artisanat et du tourisme et Mohamed Ali Ag Ibrahim du développement industriel. Cadrant parfaitement avec le rôle du Mouvement Trait d’Union, cette initiative saluée de part et d’autre, visait à permettre à chaque citoyen de s’approprier le projet de constitution et voter en connaissance de cause au référendum du 9 juillet 2017.

« Notre démarche est claire : nous voulons comprendre »

La coordinatrice du Mouvement Trait d’Union, Mme Seck Oumou Sall, a souhaité la bienvenue aux participants à cette conférence, une première occasion de débattre sur la loi portant révision de la constitution du 25 février 1992. « Depuis 2012, que de chemin parcouru ! Que de sacrifices consentis ! Que d’étapes franchies pour aboutir à un accord inclusif de paix au Mali. Nous avons su mettre de côté nos divergences, transcender nos différences et taire nos égos dans un sursaut patriotique en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation. Parce que nous avons compris, comme disait Nicolas Machiavel, que « parmi les bienfaits que le Dieu du ciel a accordés aux misérables mortels, la paix est celle qui l’emporte de beaucoup sur tous les autres », a déclaré Mme Seck Oumou Sall.  Selon elle, le Mouvement Trait d’Union a pris l’initiative d’organiser cette conférence-débat pour apporter sa modeste contribution à la compréhension des enjeux autour de la loi portant révision de la constitution. « Il s’agit aussi d’une occasion, pour tous, d’écouter les idées des autres sur une question qui suscite autant de débats houleux que de passions. Pendant que certains lancent des appels au boycott du referendum, d’autres estiment que la constitution révisée va cimenter les questions de paix et de sécurité », a-t-elle précisé. « En initiant ce débat, le mouvement Trait d’Union souhaite que la population puisse être informée ou mise à jour sur le contenu de ce texte fondamental. Il est important que le débat actuel quitte la rue pour venir dans un cadre formel et permettre d’engager justement dans un débat non passionné, autour de ce que nous considérons comme valeurs qui cimentent notre démocratie et notre stabilité », a fait savoir Mme Seck.

Pour elle, avant d’agir ou de prendre position, Trait d’Union a jugé nécessaire et indispensable de comprendre les vrais enjeux du projet de révision constitutionnelle en faisant appel au ministre des droits de l’homme et de la réforme de l’Etat, Me Kassoum Tapo, éminent avocat et l’un des maîtres d’œuvre du projet. « Notre démarche est claire : nous voulons comprendre. C’est notre droit. Comprendre afin de décider en toute indépendance, sans nous laisser emporter par la vague des ‘’experts en tout’’ qui tirent leur source de dame rumeur. En tout état de cause, nous à Trait d’Union, restons fidèles à notre crédo : le dialogue en toutes circonstances. C’est l’arme la plus efficace pour résoudre nos différends. Nous restons convaincus que l’avenir du Mali s’écrit avec l’encre de l’unité. Un peuple-Un But-Une foi », a laissé entendre Mme Seck Oumou Sall.

Me Tapo : « Cette fois-ci, ça va aboutir »

L’artiste musicien Mohamed Ag Erness a accompagné sa fille qui a lu un poème dilemme sur la nécessité de rester sur place. Le conférencier principal, Me Kassoum Tapo, ministre des droits de l’homme et de la réforme de l’Etat, a affirmé qu’il faut ramener les choses dans leur propre registre. Me Tapo a rappelé qu’il y a eu deux tentatives de révision de la constitution. « Cette fois-ci, ça va aboutir », a-t-il clarifié. Selon lui, le Président Ibrahim Boubacar Kéita a été clair que le mandat présidentiel ne sera pas touché. « Toutes les conventions internationales qui traitent des droits humains sont visées dans le préambule », a expliqué le ministre Tapo. Le principe de la décentralisation a été mis dans la constitution. Pour la première fois, le texte adopté par l’Assemblée Nationale énumère les collectivités territoriales qui sont la région, le cercle, la commune et le district. Cela constitue, a expliqué le ministre en charge de la réforme de l’Etat, une sacralisation des collectivités. Le Président de la République détermine la politique de la nation, nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions sans que celui-ci ne présente sa démission. « On a simplement adapté la constitution à la pratique », a soutenu Me Tapo.

 

« Il faut que les esprits se calment »

A l’en croire, les pouvoirs exceptionnels du Président ont été encadrés dans le projet de révision constitutionnelle. Le Président de la République nomme 1/3 des sénateurs et le Président de la Cour constitutionnelle. La constitution crée un parlement de deux chambres : l’Assemblée Nationale et le Sénat et instaure une procédure souple de révision de la constitution à travers le congrès. Pour Me Kassoum Tapo, la révision de la constitution est une exigence de la situation actuelle du pays. « Cette révision vise à restaurer la paix », a-t-il lancé. Aux dires du ministre Tapo, « il n’y a pas lieu de s’inquiéter et de paniquer pour la survie de notre République. L’essentiel n’est pas touché. Le Mali n’a pas besoin de polémique politicienne », a-t-il martelé.

De l’avis du second conférencier, Mohamed Cissé, administrateur civil, il y a un besoin technique de réviser la constitution. « Il faut que les esprits se calment. Nous sommes à un tournant décisif de notre histoire », a déclaré Mohamed Cissé qui a invité les uns et les autres à lire le texte.

Des personnalités importantes comme Ibrahim Bocar Ba, Président de l’Um-Rda, Mme Konaré Mariam Kalapo, ancienne ministre de la promotion de la femme, Zeidane Ag Sidalamine, cadre supérieur de la République, Ben Chérif Diabaté, ont fait des contributions au cours de cette conférence-débat. De nombreux participants ont posé des questions qui ont été répondues par les conférenciers. Cette conférence-débat a eu le mérite d’instaurer un échange franc et fructueux entre les partisans et les opposants au projet de révision constitutionnelle.

Chiaka Doumbia

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