Quinzaine de l’environnement : Faire de l’agriculture, un facteur de lutte contre le changement climatique

Inciter les acteurs à s’engager dans une transition vers une agriculture productive, hautement résiliente, fondée sur une gestion adaptée des terres et des sols et ainsi porteuse de développement durable dans le cadre de la protection de l’environnement. C’est dans cet esprit qu’une conférence-débat a été initiée le 13 juin dernier, dans le cadre de la quinzaine de l’environnement, par le SECO-ONG en partenariat avec le département en charge de l’environnement, le PNUD, etc. La rencontre a enregistré la présence de Bakary Konaré du SECO-ONG, Mamadou Dicko, président de la sous-commission d’organisation de la quinzaine.

Le thème de cette rencontre tenue à la Maison du Partenariat portait sur « l’affectation des terres, la place des pratiques agricoles pour un environnement protégé ». Selon le conférencier Molobaly Samaké, le Mali est confronté au phénomène de la désertification dont les effets ont fortement affecté l’équilibre des écosystèmes sur environ 51% de son territoire. Les effets ont abouti entre autres à une perte de terres arables et une forte baisse de productivité.

C’est pourquoi, soutient-il, la Gestion Durable des Terres (GDT) se situe au cœur des enjeux du développement, car permettant de sécuriser une production agricole suffisante et durable et d’éviter les effets environnementaux néfastes de la dégradation. « Il faut amener les agriculteurs à changer les méthodes d’occupation des terres en poussant les agriculteurs à adopter des méthodes limitant l’occupation anarchique du sol. Ce qui permet de réduire l’émission du gaz à effet de serre. Parmi ces pratiques, il a insisté sur la jachère, la régénération naturelle assistée, la fertilisation des surfaces agricoles et surtout l’abandon de l’utilisation de grandes surfaces de terre.

« Les sols et les végétaux conservent trois fois le volume de carbone présent dans l’atmosphère de notre planète. Le défrichage et la dégradation sont tels que ces importants puits de carbone se transforment en une source majeure d’émission de gaz à effet de serre. Les stratégies de lutte contre les pratiques agricoles non durables visent à prévenir la dégradation des terres, restaurer les terres et réduire le besoin de nouvelles conversions des terres et des forêts vierges. Les agriculteurs peuvent ainsi  réduire les émissions de GES, accroître la séquestration de carbone et maintenir des stocks de carbone à la surface et dans le sol avec un coût modeste tout en améliorant la production alimentaire et les conditions de vie, en adaptant certaines pratiques et stratégies agricoles », a expliqué M. Samaké. En Afrique de l’Ouest, les études récentes menées sur la question du réchauffement climatique révèlent que le Sahel et la sous-région en particulier, connaîtront une forte instabilité de précipitations, une disparition de certaines espèces végétales et animales et une récurrence des calamités comme les inondations et les épisodes de sécheresse. Par ailleurs, il a annoncé qu’une diminution de la superficie des terres arables associée à des pénuries d’eau déclenchera une réduction des réserves alimentaires. En outre, l’Afrique se distingue par un taux de déboisement estimé à 0,78% par an alors qu’au niveau mondial, les pertes forestières sont de l’ordre de 0,22% par an. L’Afrique soudano-sahélienne occidentale (constituée par la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée Bissau, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad) est la zone la plus touchée, avec des ressources forestières déjà fortement limitées.

A noter que l’assistance a été largement sensibilisée par la troupe théâtrale Clenza à travers un sketch sur l’importance de la protection de l’environnement et de la faune.

Daouda T Konaté

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