Révision constitutionnelle : La mascotte de la marche contre la révision constitutionnelle

Cet homme de taille courte, était la star de la marche de ce samedi 15 juillet 2017 à Bamako. Il est militant de l’association Kaoural Renouveau (CAV) en commune IV du district de Bamako. Sur tout le trajet, il a attiré l’attention des marcheurs par son physique homoncule, dévêtu à moitié et recouvert de peinture marron sur lequel on peut lire « Association Kaoural CAV dit non ». Il ne cessait d’émerveiller le public par ses cris fustigeant le régime.

Les handicapés et les personnes âgées aussi

Malgré la fine pluie, les personnes vulnérables comme les handicapées physiques et les personnes âgées ont marché pour montrer leur détermination. Ils ne cessaient de scander Non au referendum.

Chouala Baya Haïdara absent

Lors de cette marche, Chouala Baya Haïdara a brillé par son absence. Celui qui ne porte pas de gants contre le pouvoir n’est pas venu à cette marche. La raison de son absence reste inconnue.

Ras Bath en Espagne pour une conférence avec la diaspora malienne

Le célèbre Ras Bath, l’un des porte-parole de la plateforme An tè A bana, est présentement en Espagne pour animer une conférence avec les Maliens sur la révision constitutionnelle. Son absence a été plus que remarquée.

 

Entre nous : Les signes d’un pays divisé

La situation dans laquelle se trouve actuellement le Mali est plus qu’inquiétante. Les signes d’un pays fortement divisé sont palpables.

Les femmes sont divisées au sein de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO) où les deux tendances ne s’entendent plus. Les jeunes se livrent une bataille rangée pour le contrôle du Conseil National de la Jeunesse du Mali. Les contours de la désignation du successeur du Président démissionnaire de cette faîtière de la jeunesse divisent fortement les différents protagonistes. Les groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation sont plus que jamais divisés. Les combattants de la Coordination des Mouvements de l’Azawad et ceux de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger se tirent dessus au vu et au su des forces de la Minusma et de Barkhane. Des communautés qui vivaient dans une symbiose totale sont déchirées par des affrontements fratricides. Elles se regardent en chiens de faïence.

La classe politique est partagée entre la majorité et l’opposition. Si l’opposition garde une certaine cohésion, tel n’est pas le cas pour la majorité présidentielle qui présente chaque jour davantage des fissures. Le projet de révision de la Constitution du 25 février 1992 a fini par étaler les divisions et les hésitations des hommes politiques. Les partisans des plateformes « An tè, An bana, Touche pas à ma Constitution » et  « Oui, An sona » sont au bord de l’affrontement. Le virus de la division n’épargne pas la société civile. Les leaders religieux, notamment musulmans, commencent à donner des signes de colère et d’énervement contre ceux qui les attaquent dans des termes indécents sur les réseaux sociaux.

Les divisions actuelles constituent la somme de nos comportements. Et malheureusement, nous sommes devenus des parasites qui privilégient les intérêts strictement personnels au détriment du collectif. Sommes-nous maudits ? Ou  sommes-nous victimes d’une malédiction divine ?

Quand les décideurs politiques sacrifient l’éducation des milliers de générations d’un pays, plus rien n’a de la valeur. Quand ceux qui sont censés prêcher la parole divine versent dans la démagogie et l’hypocrisie en devenant des commerçants de foi, fermant les yeux sur les pires injustices et les évidentes vérités, le peuple perd confiance et commence à tout remettre en question. Quand la majorité de la population a le sentiment qu’une infime minorité se partage l’essentiel des richesses du pays, la République perd ses ressorts. Quand les décideurs refusent d’entendre la vérité et deviennent des adeptes du mensonge, le peuple ne croit plus en rien et s’offre le droit de s’attaquer aux symboles de l’Etat comme c’est le cas actuellement à travers le pays. Quand ceux qui sont investis de la confiance populaire pour voter les lois vendent leurs voix aux plus offrants, ce n’est qu’une démocratie de façade. Quand les distributeurs de la justice prennent du plaisir à déformer la vérité contre espèces sonnantes et trébuchantes, c’est la porte ouverte à toutes les dérives. Idem pour ceux qui sont chargés d’informer les populations.

L’état de la patrie est plus que critique. Nous devons nous réveiller et agir. Ou, nous décidons de changer de comportement afin de sauver ce qui peut l’être encore, ou nous irons droit vers le chaos généralisé dont les signes avant-coureurs sont déjà visibles.

Que Dieu nous préserve et épargne le Mali. Que la sagesse guide tous les fils  du Mali en ces moments d’angoisse et d’incertitude.

Par Chiaka Doumbia

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