20ème Session de son Conseil d’Administration : Les paysans de l’OPIB dispensés de la redevance eau, durant la campagne 2017-2018

L’Office du Périmètre Irrigué de Baguinéda a procédé le lundi 20 février 2017, à la 20ème session de son Conseil d’Administration. C’était sous la présidence de Kassoum Denon, Ministre de l’Agriculture. On notait la présence du Directeur de l’OPIB, N’Diougou Diallo, ainsi que de l’ensemble des administrateurs. Pour le bon déroulement de la campagne 2017-2018, le conseil a prévu un budget prévisionnel de 1.797.429.230 FCFA contre 1.388.656.744 FCFA en 2016, soit une augmentation de 29,10%.

Selon le ministre Kassoum Denon, la campagne 2016/2017 a démarré dans des conditions favorables, caractérisées entre autres par, la disponibilité des intrants (semences et engrais) au prix subventionné pour 4190 producteurs ; le revêtement de 8,7 km de canal principal et de 24 km de canaux secondaires ; l’acquisition de 06 tracteurs du programme des 1000 tracteurs ; la formation et le recyclage des agents d’encadrement sur l’approche système, la technique accélérée de production du compost et l’application de la feuille de route contre les nuisibles ; la formation des producteurs en gestion d’entreprise et de fonds de roulement.

Au plan pluviométrique, le cumul enregistré, soit 825 mm en 61 jours, reste inférieur à celui des deux précédentes campagnes agricoles, mais supérieur à la moyenne interannuelle (755,5mm).

En cours de saison, les périmètres irrigués de Baguinéda ont fait l’objet d’attaques sévères d’insectes (cécidomyie) et de maladies (bactériose et virose). La production rizicole a été fortement affectée et il en ressort une production totale de riz paddy 5962,72 tonnes pour un rendement moyen de 2462,33 kg/ha.

L’arrêt précoce des pluies a perturbé la phase de maturité des plantes. Les productions de maïs, mil et sorgho enregistrées sont de 3285,99 tonnes pour une prévision de 6219 tonnes. A en croire le Ministre Denon, ces pertes importantes de production interpellent tous à plus de vigilance pour la prévention dans les stratégies de lutte contre les nuisibles, mais aussi dans l’application des techniques résilientes face aux effets néfastes du changement climatique.

Une production de 27.315,7 tonnes de céréales attendue

Pour l’année 2017, le programme d’activités de I’OPIB s’articulera essentiellement autour des activités suivantes : les travaux de revêtement des canaux primaires de Tanima et de Sienkoro ; les entretiens des infrastructures d’irrigation et de drainage ;  la lutte permanente contre les plantes aquatiques et les autres nuisibles. L’objectif recherché cette année est de produire 27.315,7 tonnes de céréales dont 20.603,2 tonnes de riz paddy, 6 336 tonnes de maïs et 376,5 tonnes de mil/sorgho.

La production maraîchère sera de 24.867 tonnes. Pour ce faire, les emblavures céréalières (riz, maïs, mil, sorgho) porteront sur 6 441 ha dont 3 880 ha de riz, 2 166 ha de maïs et 395 ha de mil/sorgho.

Aussi, l’encadrement technique sera renforcé autour de l’application des bonnes pratiques agricoles dont la gestion de l’eau d’irrigation, les techniques de fertilisation organo-minérale et la gestion des nuisibles.

C’était le lieu pour le ministre de rappeler la volonté politique affichée par le Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, de poursuivre la subvention des intrants et des équipements agricoles, les appuis en semences de qualité  du projet WAAPP et les réalisations du projet PRESA-DCI. C’est dire que tous les espoirs sont permis pour la réalisation d’une meilleure campagne agricole 2017/2018 dans des conditions pluviométriques favorables. Le budget prévisionnel 2017 de l’OPIB se chiffre à 1 797 429 230 FCFA contre 1 388 656 744 FCFA en 2016, soit une augmentation de 29,10%.

En outre, le Conseil a examiné le procès-verbal de sa 19ème session ; l’état d’exécution des recommandations et tâches issues de cette session ; le rapport annuel d’activités de la campagne agricole 2016/2017 et le point d’exécution de son budget au 31 décembre 2016 ; le programme annuel d’activités de la campagne agricole 2017/2018 et son avant-projet de budget.

D’importantes recommandations ont été formulées aux termes des travaux de la session qui vont sans doute permettre à l’OPIB d’améliorer ses performances.

Les producteurs de l’OPIB dispensés de la redevance eau 2017 

L’annonce de cette nouvelle a été un ouf de soulagement pour les producteurs et productrices de l’Office du Périmètre  Irrigué  de Baguinéda. Les dégâts causés par des insectes cécidomyies sont dans l’ordre de 59 à 80% de la production globale de l’OPIB. Un désastre pour les producteurs qui avaient signalé toutes les difficultés pour eux de payer la redevance eau.

Le Ministre Kassoum Denon a donc répondu favorablement à leur cri de cœur en les  dispensant de payer la redevance eau pour la compagne 2017. Une décision du gouvernement qui s’inscrit en droite ligne de la volonté du Président IBK de booster le monde agricole. Cette nouvelle a été accueillie avec soulagement au niveau des paysans au cours de la rencontre organisée avec les paysans quelques heures après le conseil. Les paysans ont remercié le ministre de sa compréhension et à travers lui, l’ensemble du gouvernement.

Qu’à cela ne tienne, le ministre a affirmé que toutes les dispositions seront prises afin de lutter contre les attaques de cécidomyie et autres insectes nuisibles qui ravagent les cultures. « Pour cette réussite, il faudrait que chaque producteur prenne ses responsabilités en rendant propre ses parcelles. Car, pour situer la responsabilité de la prolifération de ces insectes, il faudrait que tous les paramètres soient analysés », a affirmé le ministre Kassoum Denon.

A noter que le montant de la redevance eau constitue la bagatelle de 80 millions FCFA environ qui contribue aussi à l’aménagement des canaux.

Cette rencontre avec le ministre Denon a été une occasion pour les paysans de féliciter et de saluer le courage et la détermination du Directeur de l’OPIB N’Diougou Diallo. Selon eux, il est toujours sur les parcelles avec les agents afin de trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent et donner à l’OPIB sa valeur d’antan.

 Drissa Togola

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