4ème congrès ordinaire du RPM : Les Tisserands face à leur destin

Les assises du 4ème congrès ordinaire du Rassemblement pour le Mali (RPM) sont cruciales pour le parti du Président Ibrahim Boubacar Kéïta. Confrontés à la dure réalité de l’exercice du pouvoir, les Tisserands sont face à leur destin.
Prévus pour ces 22 et 23 octobre au Palais de la Culture, les travaux du 4ème congrès ordinaire du RPM permettront de doter la formation présidentielle de nouveaux dirigeants. Le choix du successeur d’Ibrahim Boubacar Kéïta à la tête du parti est le sujet le plus attendu par les observateurs de la scène politique. En attendant la rencontre prévue ce vendredi entre le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta et les cadres du parti, toutes les sources convergent à dire que l’actuel Secrétaire général, ancien ministre du développement rural, Dr Bocary Tréta est, le probable nouveau Président. Un proche d’Abdoulaye Idrissa Maïga, Secrétaire général adjoint, non moins ministre de la défense et des anciens combattants, persiste et signe qu’il n’a jamais nourri une telle ambition.
Dr Bocary Tréta va-t-il prendre définitivement les commandes du parti ce week-end ? Cette rencontre tant attendue avec le chef de l’Etat changera-t-elle la donne ? Difficile d’y répondre !

Un risque de guérilla interne contre le Président IBK
Tout laisse croire que le Président IBK ne souhaite pas avoir un homme aussi incontrôlable que Tréta à la tête du parti. Dr Tréta est un excellent cadre politique qui a une vision communiste de la gestion de l’Etat avec une prédominance du parti. Si Tréta est le choix de la base, le Président peut avaliser son choix sous la pression comme ce fut le cas à l’élection du Président de l’Assemblée Nationale. En effet, l’actuel occupant du perchoir, l’honorable Issaka Sidibé, n’était pas le joker d’IBK qui avait préféré Abderrahmane Niang. Lors de la constitution de la majorité présidentielle, le directoire du RPM est monté sur ses grands chevaux pour contraindre Moussa Mara, Premier ministre de l’époque, de renoncer à la présidence de cette structure. Non seulement, le Premier ministre a cédé mais aussi Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye, 1ère Vice-présidente, a été évincée pour confier la présidence par intérim à Boulkassoun Haïdara. Le vrai maître de toutes ces manœuvres n’est que le Secrétaire général dont la sortie en janvier 2016 du gouvernement était suffisamment révélatrice de l’état glacial des relations entre les deux compagnons.
Dans un communiqué qui a fini par faire un grand tollé, le parti n’avait pas félicité l’actuel Premier ministre, Modibo Kéïta, lequel venait d’être reconduit par le locataire de Koulouba.

Les challenges du nouveau Président
Avec un certain Tréta comme tisserand en chef, il y a un gros risque que le parti engage une sorte de guérilla afin d’imposer ses choix au Chef de l’Etat qui refuse jusque-là de choisir un Premier ministre sorti des rangs du RPM comme l’exigent ses camarades. Il faut minimiser le risque de cette rébellion contre le Président qui dispose de tous les leviers du pouvoir pour tenir les cadres du parti. Face à une opposition tonitruante surtout dans le contexte actuel marqué par une situation sécuritaire très préoccupante, les tisserands gagneraient peu à vouloir mettre leur camarade président dans une position difficile. Surtout que les échéances de 2018 avancent à grands pas.
Le nouveau patron des tisserands doit d’abord organiser le parti pour tirer la majorité présidentielle, laquelle est loin d’être une force d’appui cohérente et organisée au service du Président IBK et de son gouvernement. Pour être la locomotive de la majorité, le RPM doit être une force dont la cohésion ne souffre l’ombre d’aucune ambiguïté. Ce qui n’est pas le cas. Cette cohésion interne indispensable, dépendra de la capacité du nouveau tisserand en chef de fédérer tous les courants qui se sont déchirés pour le contrôle des structures du parti. Un autre défi, le plus immédiat, concerne les élections communales qui constituent un instrument pour mesurer la santé du parti.
Mamadou Diarassouba, un grand militant pressenti au poste de Segal
L’honorable Mamadou Diarassouba, 1er questeur de l’Assemblée Nationale, député élu dans la circonscription électorale de Dioïla, est pressenti pour occuper le poste de secrétaire général. Si ce choix est entériné par les congressistes, les militants ne peuvent que se frotter les mains. Cela ne serait qu’une juste récompense pour ce militant convaincu du RPM qui a travaillé d’arrache-pied à son poste de secrétaire à l’organisation pour le rayonnement du parti.
Par Chiaka Doumbia

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