A cause de CPI, son nouveau single : Mylmo victime d’invectives et de colportages

Histoire d’exprimer son appréhension des évènements politiques qui chamboulent le pays, Mylmo a lancé son Coup de Point d’Interrogation-CPI -au lendemain du renversement du régime d’IBK par le CNSP. Tandis qu’il écope d’une volée de bois verts de la part des farouches partisans de l’Imam Dicko et du M5-RFP,  le ‘’morceau fétiche est ‘’instrumentalisé’’ par les pro-IBK. Apologie du rappeur.

Le ‘’kankemphaton CPI’’ a enflammé les réseaux sociaux et les ‘’grins’’ de Bamako. Faisant allusion aux ‘’putschistes’’ et aux leaders du M5-RFP et leur autorité morale, Mahmoud Dicko Mylmo, dans un style sarcastique, distribue des salves: ’’militaires  populistes,  imam politicien entouré de politiciens assassins…le turban ne fait pas le prophète’’. L’artiste est, depuis, victime d’invectives proférées par des fervents partisans du M5-RFP.

Mieux, lorsqu’il s’en prend nommément à deux autres maillons du mouvement contestateur du régime d’IBK : ‘’la bouche de Clément est une balle blanche, Bathily est un ‘’hindou ‘’ (combinard ndlr)  ; ou lorsque, dans ses envolées lyriques, il taxe la population malienne d’analphabète et soupçonne IBK, son Premier ministre et les militaires d’être en conspiration contre le peuple malien au motif que le putsch a été très facile à se réaliser, il est vu comme ‘’l’avocat’’ d’un pouvoir ayant perdu sa légitimité.

Pourtant, au-delà de toute passion, cette chanson reste un grattoir pour les esprits pour les vrais débats sur la refondation de l’Etat du Mali. Car plus que des hypothèses, le rappeur s’interroge surtout à maintes reprises (‘‘est-ce que’’,‘ ‘est-ce que’’, ‘‘est-ceque’’…Qualifier un imam de politicien n’a rien de péjoratif.

On pourrait lui reprocher d’avoir traité les militaires ‘’putschistes’’ de ‘’populistes’ ’pour leur présence au 4ème rassemblement du M5-RFP au Monument de l’Indépendance pour célébrer la chute d’IBK. Le temps est le meilleur juge pour corroborer ou infirmer cette étiquette.

Autre préjugé, le rappeur Mohamed Soumounou a traité  les politiciens  d’assassins. Son principal bourreau est son propre style : il demande à ses fans de remuer leurs méninges pour comprendre ce qu’il veut dire. Mylmo n’a pas non plus pris en compte l’atmosphère sociopolitique  subversive du pays avant de s’attaquer aux ‘’sauveurs’’ de la patrie.

Dans une interview accordée  à  Kati24-infos, le rappeur a pris le soin d’expliquer que ce morceau n’était pas sa première‘’ mise en garde’’. En 2012,  il a été l’un des deux premiers compositeurs dans ‘’Couvre-feu’’, à prévenir les putschistes du chaos qui, par la suite aura été fatal, a-t-il rappelé.

Si nombreux de ses fans semblent soulagés par ses explications, les insultes reçues en contrepartie sont comme des coups partis : impossible de les rattraper !Place au pardon mutuel, recommandent nos traditions.

Makan Fofana, stagiaire

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