Abdoulaye Gassembé, Président de la CASGO Niafunké : «La survie des niafunkois est menacée avec la dégradation de la digue de protection du périmètre agricole du secteur Goubo»

L’agriculture est l’activité prédominante des populations niafunkoises. La digue de protection du périmètre agricole de la mare de Goubo aménagée pour la culture du riz depuis plus de 17 ans, connaît une dégradation notoire qui ne laisse personne indifférent car la survie des populations en dépend. M. Abdoulaye Gassembé est le Président de la Coopérative agricole de la section Goubo (CASGO). Dans un entretien qu’il a bien voulu nous accorder, Gassembé jugeant la campagne agricole 2016-2017 satisfaisante, revient sur le bras de fer qui l’oppose au bureau sortant pour une affaire de 3 millions à payer au fournisseur de ce bureau.

«La campagne agricole s’est bien passée dans l’ensemble malgré le déficit de pluie. Depuis avril dernier, nous avons commencé la réparation des canaux. Mais la rareté des pluies nous a créé énormément de problèmes parce qu’on avait un manque criard d’eau surtout avec la décrue du fleuve. Nous n’avons que trois moteurs à hélice et les paysans se plaignaient du manque d’eau. Il n’y a pas eu de problèmes d’engrais même si l’eau s’est stabilisée. Nous avons déjà commencé l’évacuation de l’eau de la mare. Mais cette année, la récolte s’annonce satisfaisante pour les paysans», a-t-il affirmé.

  1. Abdoulaye Gassembé déplore la dégradation de ce périmètre qui fait le bonheur de milliers de personnes dont la vie en dépend et aurait même permis de maintenir les bras valides auprès des leurs comme aides familiales. «Il faut penser déjà à la réhabilitation de la digue de protection. La campagne de l’année prochaine serait compromise sans appui car la réhabilitation de la digue de protection des cultures et des canaux dépasse énormément nos moyens. La survie des niafunkois est menacée. On ne peut pas se permettre de ne pas cultiver une année. Avec l’appui de la SATOM, nous avons acheté des sacs que les jeunes ont remplis avec de l’argile sèche pour remblayer et renforcer certaines parties dégradées. La mare est vieille de 17 ans», s’est-il indigné. Et de lancer un appel à l’Etat, aux ONG, aux ressortissants et aux bonnes volontés pour la réhabilitation de la mare.

L’état de la digue de protection est alarmant surtout avec la puissance de l’eau du fleuve Niger qui traverse la zone. En 2012, la Croix-Rouge locale l’avait renforcée avec une chaîne de sacs pleins de banco dont il ne reste que des débris.

A propos du bras de fer avec le bureau sortant 

«Nous avons eu de bons résultats durant ces deux dernières années et comptons impérieusement consolider ces acquis car on n’a hérité de rien. Pratiquement, toute la mare est dégradée, la caisse était vide avec seulement 9000 FCFA. Ce n’était pas évident. Il y a eu un procès-verbal de remise de situation sans bilan, ni passation pour qu’on puisse sauver les engins parce que ce sont les exploitants mêmes qui ont demandé le départ de l’ancien bureau qui, au lieu de 3 ans, a fait cinq ans. Dans la situation, les membres de l’ancien bureau nous ont fait savoir qu’ils ont eu une recette de plus de 22 millions. Ils ont dépensé plus de 25 millions FCFA avec un déficit de 3 millions. Un membre de leur bureau est le fournisseur en gasoil, il faudrait qu’on le paie. Ce que nous avons refusé car il n’y a aucun papier l’attestant. Il n’y a également aucun papier pour la comptabilité de leur gestion durant toute une année. Le Vice-président a fait un état de paiement, voilà le seul papier qu’ils ont et nous trimballent à la justice. Le juge de Niafunké nous a demandé de payer. On ne doit pas encourager des pratiques de ce genre. C’est une gestion communautaire, ce n’est pas la caisse d’une personne. On ne peut pas être membre du bureau, acheteur, fournisseur de gasoil et utilisateur. Il n’y a aucune pièce comptable. La mare constitue la survie de Niafunké, ce qui a même permis de maintenir les jeunes. Tout ce qui concerne le développement communautaire doit être bien géré.»

La Coopérative Agricole de la Section du Goubo (GASCO) est constituée de tous les quartiers de la ville de Niafunké. «Chaque quartier est une section avec un bureau de 11 membres ayant un délégué membre du Conseil d’Administration. Nous avons 16 quartiers donc 16 sections qui constituent l’assemblée générale. Quand il y a un problème, le délégué qui se trouve dans le bureau rend compte à sa section qui réunit les exploitants. Cela nous permettra d’arrêter le bilan et de demander la redevance. C’est en fonction de ce paiement que nous travaillons», a expliqué M. Abdoulaye Gassembé.

Depuis son élection à la tête de la CASGO, Abdoulaye Gassembé est salué pour son engagement, son bon sens et sa bonne gestion car, selon nos sources, pour la première fois, une gestion transparente digne aurait été enregistrée par les paysans grâce à son dynamisme.

M.Bangou dit Ecrivain de retour de Niafunké

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