Accès aux soins de santé au Mali : Des pratiques pas très catholiques !

Des Centres de santé communautaire aux hôpitaux en passant par les Centres de santé de référence, un nouveau circuit de vente de médicaments prend de plus en plus corps. Et cela au vu et au su de tous.
De quoi s’agit-il ? Certains médecins ou infirmiers ont installé un circuit de vente de médicaments dans les établissements sanitaires du Mali. En effet, ils prescrivent des ordonnances et demandent aux accompagnateurs des malades de ne pas se rendre à la pharmacie. Sans perdre de temps, ils amènent le lot de médicaments, sorti de nulle part et invitent les parents du patient à régler la facture qui peut se révéler souvent salée. Les sous prennent la direction des poches des blouses blanches. Ce qui constitue des manques à gagner pour les pharmacies, seules habilitées à vendre les médicaments. « J’ai été victime de cette pratique à deux reprises dans un établissement sanitaire de bonne réputation en commune IV du district de Bamako. Je ne pouvais pas piper mot au risque que le médecin et ses infirmières refusent de s’occuper de mon ami qui était dans un état désespéré», nous a confié un jeune homme sous le couvert de l’anonymat.
D’où viennent ces médicaments ? Les médecins et infirmiers les achètent-ils pour les revendre après ? Ces médicaments sont-ils volés chez certains patients pour être revendus à d’autres ? Des questions difficiles à répondre. Une chose est sûre, c’est que cette pratique n’épargne aucune structure sanitaire de notre pays. Elle existe aussi bien dans les centres de santé communautaire (Cscom) que dans les centres hospitaliers et universitaires sans oublier les centres de santé de référence (Csrf). Dans les services des urgences des grands hôpitaux, la vente de médicaments par le personnel sanitaire traitant a atteint des proportions alarmantes. Et cela au vu et au su des responsables de ces structures sanitaires et surtout des citoyens qui semblent s’accommoder de cette pratique.
Le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Pr Samba Sow, est vivement interpellé ainsi que les responsables des établissements sanitaires publics.
C. Doumbia
Source: Le Challenger

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