Afri’ Actu : Chantage !

‘’Si le droit humanitaire n’est pas respecté au Sahel, le soutien de la Communauté Internationale va cesser’’. Ces propos ont été tenus par la ministre française des Armées face aux sénateurs français qui lui demandaient de faire le point sur le déroulement de l’opération Barkhane au Sahel. Sans ambages, elle somme les autorités politiques et administratives de nos pays à être plus regardantes sur les populations civiles et à veiller à ce que nos militaires se gardent de commettre d’exactions.

C’est bien évident qu’il se passe des exactions armées sur les populations civiles du Sahel. Ce qui est inadmissible. Mais peut-on nier que ces mêmes dérapages ne sont pas commis par les forces étrangères, notamment françaises, au Sahel ? Au lieu de proférer des menaces, la France et ses partenaires européens devraient avoir le courage de se remettre en cause. Si la recherche d’une meilleure approche de traitement des questions sahéliennes était réellement leur motivation, cela leur permettrait au moins d’avancer avec les pays de la zone.

C’est trop facile pour la ministre française de recommander aux responsables du Sahel de mesurer pleinement la distance qui se creuse chaque fois que des exactions sont commises entre les populations et les militaires locaux. Mais ce fossé, auquel elle fait allusion, n’est-il pas le même qui les sépare des forces étrangères ? La force Barkhane a été responsable de bavures sur des populations civiles pendant de nombreuses opérations militaires, sans que des enquêtes sérieuses n’aient été diligentées pour établir leurs responsabilités. Pourquoi de tels actes ne sont-ils jamais condamnés par les autorités françaises ?

Amnesty International a récemment révélé qu’au Sahel central, ‘’Près de 200 civils au moins ont été victimes d’exactions commises par les forces de défense et de sécurité’’. Ces accusations concernent notamment le Mali, le Burkina et le Niger.

Un rapport émanant de la Division des Droits de l’Homme de la MINUSMA épingle de même les autorités militaires des pays sahéliens, en l’occurrence celles du Mali et du Niger, d’avoir commis des violences sur les populations civiles. A supposer que ces exactions soient fondées, pourquoi Amnesty International ne donne-t-il pas également de chiffres sur celles commises par Barkhane ? Pourquoi la MINUSMA ne dénonce-t-elle pas les bavures commises par ses soldats ?

Cette politique de deux poids deux mesures doit cesser s’agissant de militaires sahéliens et des forces étrangères. Toutes les parties engagées militairement au Sahel doivent respecter le droit humanitaire pour qu’il y ait des avancées concrètes sur le plan sécuritaire au Sahel.

Gaoussou Madani Traoré

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