Afri’ Actu : Soro, un homme persécuté…

Le jeudi 7 mai, une plainte a été déposée contre Guillaume Soro à Paris par les avocats de six personnes qui se sont constituées parties civiles. Elles  accusent l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne de «torture, assassinat et crimes de guerre» pour des faits commis lorsqu’il était le chef des Forces nouvelles entre 2003 et 2011. Ces plaignants, de nationalité ivoirienne et française, affirment que Soro a «commandité la mort de cinq personnes » lors d’actes visant à asseoir son leadership sur le mouvement des Forces Nouvelles (ancienne rébellion du nord).

Une cabale contre l’ancien président de l’Assemblée nationale pour l’écarter définitivement de la course à la présidentielle d’octobre ? Les avocats des plaignants nient toute accointance avec le pouvoir ivoirien, affirmant que c’est la présence actuelle de Guillaume Soro en France qui les incite à déposer la plainte en France. Soro était –il donc à son tout premier séjour en France ? Que nenni ! Il s’y est au contraire rendu à maintes reprises quand il était Premier ministre, puis président de l’Assemblée nationale. On se rappelle même qu’il fut visé en son temps par un fameux mandat d’arrêt burkinabè. Où étaient alors ces plaignants pour ne pas attaquer plus tôt Soro en justice ?

L’évidence est que l’ancien Chef rebelle est persécuté par la justice de son pays. Car, une semaine seulement après sa condamnation à vingt ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Abidjan, le procureur Richard Adou a déclaré à la presse que d’autres affaires le concernant sont en cours. S’y ajoute que le GPS, le mouvement politique de Guillaume Soro, est aussi  dans le collimateur du procureur.  Et de nouvelles arrestations des proches de Soro ont eu lieu. Il est toujours poursuivi dans un dossier de «tentative présumée d’atteinte à l’autorité de l’État » après la diffusion d’une bande audio dans laquelle il évoquerait des projets d’insurrection.

Des accusations que réfutent ses partisans mais aussi une partie de la classe politique. C’est le cas du président du Rassemblement pour la Paix (RPP) membre de la coalition CDRP formée par Henri Konan Bédié en vue de la présidentielle.  Ouattara Gnonzié estime que la condamnation de Guillaume est la conséquence de  l’instrumentalisation  politique de la justice ivoirienne. Même son de cloche au Front Populaire Ivoirien.

Au lieu d’instrumentaliser la justice à des fins politiques, Franck Anderson Kouassi, porte-parole du FPI et proche de l’ex-chef d’État Laurent Gbagbo, estime qu’il faut plutôt aller à l’apaisement politique et social dans le pays pour éviter une crise dont les conséquences pourraient être graves. Sera-t-il entendu par les princes du jour?

Gaoussou Madani Traoré

 

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