Afric’ actu : L’approche Boubou Cissé….

En visite au Centre du Mali, le Premier ministre, Boubou Cissé a annoncé le déploiement de près de 3 600 militaires supplémentaires sur le terrain pour assurer la sécurité  des populations. Il a aussi évoqué l’implication de tous les leaders communautaires pour apaiser les tensions entre les populations. ‘’ Il est nécessaire et indispensable que les acteurs des communautés concernées par les tensions communautaires se rencontrent dans un cadre de dialogue pour identifier et chercher des solutions aux problèmes qui font l’objet de manipulation par les ennemis de la paix ».

De nombreuses études menées par des universitaires chevronnés ont établi que les mouvements terroristes évoluant au Sahel procèdent du prosélytisme pour enrôler  des combattants. Lesquels, provenant majoritairement de milieux paupérisés, sont  sociologiquement et psychologiquement vulnérables. Toutes choses qui favorisent le lavage de cerveau au cours duquelon les prépare à ’accepter de ‘’mourir pour Allah pour avoir l’au-delà’’.

Ainsi, dans le cadre du « faux jihadisme »,  comme c’est le cas fréquemment au Sahel, leur radicalisation (prêt à mourir) facilite la commission d’attentats-suicides contre  n’importe quelle cible. Les mêmes études ont expliqué que la volatilisation des assaillants après leur forfait est due au fait qu’ils connaissent la topographie des milieux où ils opèrent. C’est pourquoi, ils arrivent à se replier facilement dans les montagnes, marécages ou forêts dans lesquels ils sont difficilement repérables et où les armées régulières ont de la peine à les rejoindre.

Ce choix d’implantation géographique des ‘’faux  jihadistes’’ implique nécessairement une insertion sociale locale, des connexions humaines opérationnellement utiles. Cette interaction entre les ‘’faux jihadistes’’ et les environnements sociaux de  leurs théâtres d’opération est un atout important pour les premiers. Puisque ces populations, longtemps paupérisées et traditionnellement rackettées par les forces  de Sécurité, qui vivent désormais avec eux, doivent coopérer ou mourir. Malheureusement, elles ont majoritairement choisi de coopérer avec les mouvements terroristes. Qui ont aussi  des connexions avec  des groupes de criminels (trafiquants de drogues et de cigarettes).

Ces derniers temps, la lutte contre le terrorisme au Mali ou au Burkina Faso a emprunté des voies hautement dangereuses, jusqu’à couvrir parfois des massacres contre des populations civiles, entretenirdes liens ambigus avec des milices coupables d’exactions, ou alimenter des amalgames à l’égard de communautés entières. Une stratégie qui n’a fait que profiter aux ‘’faux jihadistes’’, lesquels  obtiennent  hélas plus de soutiens locaux.

Osons espérer que le PM Boubou Cissé parvienne à briser ce continuum  ‘’faux jihadistes’’- populations du Centre. Son approche du dialogue inter communautaire qu’il est allé leur promettre, si elle n’est pas la panacée, est de notre point de vue très intéressante. Carelle permettrait, si les débats sont bien ciblés et tenus, aux populations concernées, de se parlerà nouveau pour pouvoir dégager des solutions idoines aux problèmes posés.

Gaoussou M. Traoré

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