Afric’ actu : Quand Ouattara clarifie la donne politique

gqoussouDans le pays d’Houphouët Boigny, les choses vont désormais très vite en ce début d’année 2017. Des élections et des nominations se font à la tête des institutions républicaines. Guillaume Soro rempile au perchoir pour un second mandat. Amadou Gon Coulibaly, précédemment Secrétaire Général de la Présidence et député-maire de Korhogo, accède à la Primature. Daniel Kablan Duncan qu’il remplace devient le même jour, le tout premier Vice-président de la troisième République ivoirienne.
La mutinerie des soldats, survenue en fin de week-end dernier dans plusieurs localités du nord du pays, a eu raison des principaux dirigeants des Forces de Défense et de Sécurité. Ils payent ainsi cash, les conséquences de la grogne des éléments de la grande muette, issus majoritairement des ex-Forces Nouvelles (l’armée de la rébellion du nord du pays). Des chamboulements qui ne vont pas sans conséquences notables.
Avec la nomination du Vice-président, la donne politique s’éclaircit enfin en Côte-d’Ivoire. En effet, selon les termes de la nouvelle Constitution en vigueur, il devient la deuxième personnalité de l’Etat. Mais aussi et surtout, Daniel Kablan Duncan est désormais le dauphin constitutionnel du Président de la République. En cas de vacance du pouvoir, c’est lui qui en prend automatiquement les rênes. Le Premier ministre ivoirien demeure à sa place de troisième personnalité de l’Etat.
Le Chef d’Etat-major de l’armée, les Chefs de la Gendarmerie et la Police sont remplacés par de nouveaux titulaires. Lesquels devront gérer les nombreux problèmes posés par les mutins.
Toutefois, le président de l’Assemblée Nationale, précédemment deuxième personnalité de l’Etat, rétrograde au quatrième rang. Un fait qui est diversement interprété. Si les uns pensent que Guillaume Kibafori Soro est en train de perdre son influence politique au sein du pouvoir, d’autres au contraire, argumentent qu’il n’en est rien. Ils estiment que l’ancien dirigeant des Forces Nouvelles n’est pas fini (il serait considéré comme l’instigateur de la mutinerie dans les localités du nord où il continue de bénéficier du soutien des soldats et des populations). Il se préparerait alors pour l’échéance présidentielle de 2020.
Ce qui implique que Soro ne respecterait pas l’accord de gouvernance conclu entre les partis RDR et PDCI-RDA, sous l’égide de la coalition politique du RHDP. Un accord qui stipule qu’après les deux mandats d’Alassane Ouattara, le futur candidat unique du RHDP provienne du PDCI-RDA. La nomination de Duncan du PDCI-RDA au poste de Vice-président de la République, ne serait-il pas une manière pour Alassane Dramane Ouattara de fournir une meilleure astuce pour calmer le jeu politique au sein de sa majorité ?
Fort probable, tant il est évident qu’en cinq ans tout est bien possible. Comme il n’est pas exclu que l’accord conclu entre les deux principaux partis de la coalition soit considéré comme obsolète par des acteurs majeurs du RDR et du PDCI-RDA. Ce qui ouvrirait la course à la candidature présidentielle à tous, sans exception.
Gaoussou Madani Traoré

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