Afrik’ actu : « Clause Molière » ou « clause politique xénophobe »

Depuis que la planète Terre existe, les humains  n’ont jamais cessé de se déplacer d’un coin à l’autre à la recherche d’un avenir meilleur. Ce  qui  prouve que  le phénomène de l’immigration est bien naturel et ne survient que lorsque les conditions objectives sont  bien remplies. Ainsi,  les  guerres, la  famine, les  épidémies  de maladies et  la recherche de matières premières  pour  alimenter  l’industrie  et de marchés pour écouler les  produits, peuvent  être considérées comme des raisons intrinsèques de  la vague de migration internationale. D’où l’évidence que toutes les populations du monde bougent. Ce, même si actuellement, par la force des choses, ce ne sont que les populations africaines et  asiatiques qui constituent la masse essentielle  de l’immigration européenne.

Ces immigrés, pour la plupart ne sachant pas parler la langue du  pays hôte,  à la tâche sur les chantiers difficiles  et non prisés  par les locaux,  ne sont pas bien rémunérés.  Malgré cette triste réalité, des politiques d’extrême droite européenne les considèrent comme des boucs émissaires  et tentent de justifier le chômage et le terrorisme dans leurs pays par leur présence. C’est en l’occurrence le cas en France.

La France qui, pendant  des siècles a participé à la traite négrière et  colonisé  des territoires asiatiques, américains et africains, a-t-elle le droit d’empêcher  les ressortissants de  ses anciennes colonies  de travailler sur  les chantiers de son territoire ? Pourtant, une politique ségrégationniste  et d’assimilation forcée envers  eux  a été créée  en 2016 par l’adjoint au  maire d’Angoulême.  Connue sous le vocable « Clause Molière », cette politique de l’emploi  impose  aux  travailleurs immigrés de parler la langue française (ou l’assistance d’un interprète) sur les chantiers publics, pour renforcer la sécurité.  Alors qu’en réalité, c’est pour éviter de faire recours aux travailleurs étrangers.

Déjà, de plus en plus,  beaucoup de régions, de communes  ou de préfectures françaises l’adoptent.  Actualité oblige, « la clause Molière » s’invite dans les débats de la présidentielle 2017. Les politiciens  proches des Extrêmes Droites essentiellement,  semblent favorables à son application intégrale.  C’est entre autres, le cas de  Valérie Pécresse, présidente LR d’Ile-de-France, qui affirme que  « Bien loin des caricatures dans lesquelles certains voudraient nous enfermer, c’est une condition sine qua non pour la sécurité des travailleurs sur les chantiers »,

Toutefois, fort heureusement d’autres politiciens français du même bord, objectent la mesure.  C’est le cas de la députée républicaine Elisabeth Morin-Chartier qui écrit qu’« Il est illusoire de penser que nous réglerons les problématiques de l’emploi en nous repliant sur nous-mêmes. Cette clause est un danger pour les travailleurs détachés français qui sont presque 200 000 à l’étranger. Que se passerait-il si, en mesure de rétorsion, nos partenaires européens décidaient de ne plus recourir à l’expertise française sous prétexte qu’elle ne maîtriserait pas la langue nationale ? ».  Un raisonnement éclairé qu’épouse l’actuel  Premier ministre Bernard Cazeneuve. Ce  socialiste  considère que «  La clause Molière » s’apparente à « une clause Tartuffe »  dont les promoteurs n’ont qu’une visée électorale.

 Gaoussou Madani Traoré

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *