Afrik’ actu * : Et si Blaise échappait à la justice du Faso ?

Le Procureur de la République du Faso a finalement tranché, l’ancien Président Blaise Compaoré, ne sera pas poursuivi devant la Haute Cour de justice pour avoir tenté de modifier la Constitution. Lors d’un point de presse le vendredi dernier, le Haut magistrat à expliquer cette grave décision par le fait que les éléments constitutifs d’infractions pour « haute trahison », ne figurent pas dans la Loi fondamentale du Faso. Raison pour laquelle, ladite Cour de justice n’aurait pas qualité à poursuivre l’ancien Chef d’Etat burkinabè.
Toutefois, le Procureur a précisé que celui-ci restait impliqué, à l’instar des 24 ministres de son dernier gouvernement, dans l’autorisation donnée pour l’usage des armes contre les manifestants lors de l’insurrection de 2014.
De même, pour le Haut magistrat, Compaoré pourrait être poursuivi pour des crimes économiques (détournements de fonds publics). Encore que la décision revient aux actuels députés siégeant dans cette juridiction spéciale d’enclencher la procédure de mise en accusation. Ainsi, si Blaise ne peut être poursuivi pour « haute trahison » par la Haute Cour de Justice, les ministres de son dernier gouvernement devraient logiquement y échapper.
La quasi-totalité d’entre eux, après avoir répondu à la convocation d’une commission rogatoire de la Haute Cour de Justice, dans le cadre d’une enquête sur les victimes de l’insurrection populaire d’octobre 2014, avaient été aussi mis en accusation. Les députés de la Transition, membres de cette institution judiciaire spéciale, avaient estimé qu’ils portaient eux aussi la responsabilité de la trentaine de morts provoquées par l’insurrection pour avoir participé au Conseil des ministres qui avait adopté le projet de modification de l’article 37 de la Constitution,
Au regard des clarifications données par le Procureur de la République du Faso, les chances de voir l’ancien homme fort du pays devant la justice de son pays ne s’éloignent-elles pas ? Certainement, si l’on sait que dans nos pays africains, il n’est pas facile de juger un ancien Chef d’Etat pour des crimes économiques. Pour la simple raison que leur patrimoine est confondu avec celui de l’Etat et qu’ils disposent de trop de subterfuges pour amasser des fortunes. Mais surtout lorsqu’il est encombrant pour les nouveaux dirigeants, qui ont été de mèche avec lui, de diligenter un procès économique.
D’autre part, si l’on fait référence à la désormais bonne qualité des relations, surtout diplomatiques, entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire où réside Blaise Compaoré, il y a de fortes raisons de croire qu’il ne serait pas inquiété. Les deux pays ayant désormais choisi de résoudre leurs nombreux différends par des voies plutôt diplomatiques que judiciaires. Le cas notamment des affaires judiciaires concernant les présumées conversations téléphoniques, lors du coup d’Etat manqué de Gilbert Gendéré, entre l’ancien ministre des Affaires étrangères, Bassolé et l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Soro, est édifiant.
Ainsi la real politik oblige que ces affaires, qui avaient pourri les relations entre les deux voisins, soient quasiment remises dans les tiroirs. Même l’affaire Sankara n’aurait pas de suite. A partir du moment où le principal accusé ne serait jamais extradé dans son pays d’origine pour faire face à la justice !
Gaoussou M. Traoré

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