Afrik actu* : Il est temps que le Mali exerce sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire !

Depuis la fin de l’invasion de la partie septentrionale de notre territoire et la signature de l’Accord de paix et la réconciliation d’Alger, chaque communauté s’attèle à se positionner pour le contrôle du territoire. Chacune procédant à sa propre lecture dudit accord. Aussi, ce n’est pas l’installation des autorités intérimaires qui améliorerait la situation délétère et conflictuelle entre les communautés. Au contraire, si l’Etat malien continue de manquer  de sagesse en poursuivant le processus, il y a fort à parier que la situation serait encore pire. La majeure partie de la population étant opposée à l’installation de ses bourreaux d’hier. La révolte des jeunes de Gao et le soutien national qu’ils ont reçu en sont  la preuve palpable. Le pays va mal et désormais très mal. Des accrochages armés continuent d’opposer les forces nationales  et/ou les forces internationales aux rebelles/bandits. Les foyers de tension ne cessent de se multiplier.

Ainsi, de violents affrontements ont opposé le jeudi 21 courant, dans le nord du pays, les « ex-rebelles touaregs » de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) aux  membres du Gatia, un groupe armé considéré comme pro-gouvernemental. L’enjeu est  le contrôle de la ville. Si la CMA, selon des sources, sortirait  victorieuse de cette bataille, au  vu et au su des rivalités tribales qui  opposent ces deux groupes armées dans la région de Kidal, une reprise éventuelle des hostilités est évidente.  Quelques jours plutôt, c’était la garnison militaire de Nampala dans la région de Ségou qui subissait une attaque meurtrière en provenance de la Mauritanie. De nombreux soldats sont tombés. Si les spécialistes indiquent que le  mode opératoire et la logistique sont propres à Ansar Dine (mouvement terroriste le mieux structuré), lequel n’a pas manqué de revendiquer  l’attaque, l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ) l’a aussi revendiquée.

Des situations conflictuelles et anarchiques qui s’ajoutent malheureusement au tableau très sombre de l’insécurité endémique enregistré au Centre du Mali, précisément dans le Delta central du Niger (Djenné, Youwarou et Ténenkou). Ainsi, toutes les régions du nord et du centre du Mali (Mopti et Ségou) se retrouvent confrontées à la violence et à l’insécurité. Pourtant, récemment, International Crisis Group mettait en garde les autorités maliennes et la Communauté internationale contre le mariage entre terrorisme, banditisme et tensions communautaires dans ces parties du territoire malien. Une union dont elle a même averti qu’elle serait explosive. Cette ONG internationale ne faisait d’ailleurs que rejoindre  les craintes des communautés  locales qui redoutent  de se voir  constamment confronter les unes aux autres.  Toutes choses qui anéantiraient le tissu socioéconomique et culturel qui les a millénairement unies.

Afin d’éviter la balkanisation de son territoire, le Mali doit exercer à nouveau sa souveraineté entière sur l’ensemble de son étendue. Si cet objectif doit être urgemment atteint à tout prix,  en revanche, il ne devrait  y avoir aucun  marchandage  avec quelque organisation ou groupe rebelle et/ou force armée ou entité étatique que ce soit. Car chaque nation, selon les conventions internationales, doit exercer  le droit sur l’entierté de sa souveraineté territoriale ? Et ce n’est pas l’application d’un quelconque accord de paix et de réconciliation qui l’en empêcherait. Par conséquent, la Communauté internationale, notamment la France, doit sortir de son hypocrisie pour aider notre pays. Ce, sans aucune contrepartie !

Gaoussou M. Traoré

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