Afrik’ actu : Installation de l’autorité intérimaire à Kidal, : Un levain pour les autres régions septentrionales ?


Si  le 18 février  2017, pour  désapprouver  la nomination du nouveau Gouverneur,  la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA)  a   fait   volte-face  en  empêchant  l’installation de l’autorité intérimaire à Kidal,  la tentative de ce mardi 28 février  a été  finalement couronnée de succès.  Ce jour-ci, sans enthousiasme,  ni fanfare  mais avec le  déploiement  du  drapeau malien à côté de celui de « l’Azawad », les  représentants  de la Communauté internationale (CI),  de la France, de la médiation algérienne et du gouvernement malien ont pu  investir   l’ancien  chef  rebelle et déserteur de l’armée régulière, colonel Hassan Fagaga, comme président de l’Assemblée régionale   intérimaire de  Kidal.

Un   « fait  d’arme »   symbolique  largement salué par la CI et la médiation algérienne.  Lesquelles du reste se félicitent  d’être parvenues  à briser  le  principal écueil  pour   la mise en œuvre  de l’Accord de paix et réconciliation issu du processus d’Alger.   Mais reste  à savoir  si cette  installation dans l’Adrar des Ifoghas,  pourra servir  de levier   aux  autres régions du nord  du Mali, tant  l’inquiétude est unanimement  partagée par  une bonne frange des  observateurs avisés  des questions du septentrion malien.

En  se référant au  climat d’incompréhension   ressentie par une grande  partie des populations du nord et des  groupes  politico-armés  d’auto-défense, lesquels  ne comprenant  toujours pas pourquoi la CI, la médiation algérienne  et l’Etat du Mali s’obstinent  à  leur  imposer  des anciens bourreaux  comme autorités intérimaires, il y a de quoi s’inquiéter.  Surtout  pour manifester leur mécontentement, ces mouvements en compagnie de leurs militants  s’opposent en occupant les locaux devant les abriter. Leur investiture  est prévue respectivement à Gao et Tombouctou les 02 et 03 mars.  Le CPA, la CMFPR2, le CJA et le MSA, les   mouvements  signataires de l’entente du 25 janvier  2017,   estiment  avoir  « été contraints  de sonner la mobilisation générale de leurs militants et combattants pour faire échec au programme d’installation des autorités intérimaires ».

Une inquiétude qui  devient plus grande,  lorsque les mouvements signataires dénoncent  « l’attitude méprisante et discriminatoire du gouvernement du Mali et de la médiation internationale  et  leur refus de prendre en compte leurs revendications  pour une gestion consensuelle de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation » et se disent déterminés  à maintenir  le  bouclier humain.  Pourront-ils  mettre  à exécution leur menace, en  faisant  échec aux  installations des autorités intérimaires  à Gao et Tombouctou ? La journée  de ce jeudi est de toute façon une journée-test  à  Gao et Ménaka  et sera  très déterminante pour l’avenir politique  de l’ensemble  des régions septentrionales de notre pays.

Gaoussou Madani Traoré

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