Afrik’ actu : Marine Le Pen au Tchad pour focaliser la présidentielle 2017 sur la problématique sécuritaire

Depuis un certain temps, les candidats à l’élection présidentielle française, pour se doter d’une stature internationale, pour ceux qui n’en ont pas encore,  font des déplacements à l’étranger.  Ils mettent  à profit leur voyage pour rencontrer  non seulement  les dignitaires mais aussi, leurs compatriotes afin de glaner des voix précieuses. François  Fillon s’est  déjà rendu  au Mali pour rencontrer  les autorités maliennes mais aussi les soldats français stationnés au nord du pays. Macron a été en Algérie où il a rencontré les autorités algériennes et ses compatriotes résidant dans ce pays longuement colonisé par la France.

Des genres  de voyage  en Afrique  qui auraient pu  passer  comme  normaux  voire anodins  si toutefois la  candidate  du Front national n’avait pas emboité le pas de ses prédécesseurs les 21 et 22 mars. Pour la simple raison que Marine Le Pen, à l’instar de son père,  n’a  de cesse  adopté  une attitude raciste envers les étrangers qui vivent en France. Notamment, envers  les africains.  Ainsi, le président tchadien, Idriss Déby n’aurait pas dû recevoir  en audience  la candidate Le Pen, même si hypothétiquement, elle pourrait devenir  la présidente de la République française  à l’issue de cette présidentielle 2017.  Mais  que  cherchait-elle concrètement  dans le pays d’Hussein  Habré ?

Au-delà de la recherche de stature internationale qui lui manquerait, le séjour  tchadien de Marine Le Pen  viserait surtout à faire focaliser la campagne présidentielle 2017  sur les questions de sécurité  et de terrorisme. Des thèmes dont  elle n’a pas manqué  la veille, lors du débat  télévisuel entre les quatre autres candidats potentiels, de se servir  énormément.  Sans démagogie, la candidate du Front National continue à lier mordicus  les problèmes d’insécurité et de terrorisme  de l’Hexagone à l’immigration.

Ainsi elle voudrait se servir  de sa rencontre avec les soldats de l’opération Barkhane, un dispositif  militaire  français  antiterroriste  stationné  au Sahel, pour montrer aux électeurs français combien la question sécuritaire est  primordiale pour son programme de gouvernement si jamais elle venait à devenir la locataire de l’Elysée.  Ce, pour  qu’au  jour du vote, elle puisse récolter les retombées électorales. Un voyage à but bien biaisé qui ne serait pas du tout pour  contribuer  à la lutte antiterroriste en Afrique, dès lors qu’elle considère  que  les immigrés ne sont que les seuls responsables des attentats perpétrés dans son pays. C’est pourquoi elle  aurait choisi le Tchad au lieu du Sénégal ou du  Mali, deux pays qui constituent  l’essentiel des immigrés africains  vivant en France. Sans nul doute,  Marine  Le Pen  aurait  rencontré  toutes les  difficultés  d’y  séjourner  et de rencontrer les officiels locaux. Lesquels, sous peine de recevoir la foudre de leurs populations, se seraient tout simplement  opposés  à sa venue.

Une  réalité  d’autant   vérifiée  que la candidate  frontiste  se positionne comme  la championne  contre  l’expatriation des africains dans son pays et  contre  leur bi-nationalité.  De sorte que  pour mettre fin à leur présence sur le sol français, elle  n’a  point hésité  à prôner   l’interdiction de   toute régulation des sans-papiers  afin de  pouvoir  les expulser. En somme, il va sans dire que   cette championne hors pair du repli de la France sur elle-même  ne  roulerait que pour  ses propres intérêts  populistes à la présidentielle.

Gaoussou Madani Traoré

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