Afrik’ actu : Pourquoi ne pas mettre Jammeh en confiance ?

gqoussouLes Présidents Ellen Johnson Sirleaf du Libéria, Muhammadu Buhari du Nigéria, Ernest Baï Koroma de Sierra Leone et John Mahama Dramani du Ghana devraient persuader leurs pairs des pays de la CEDEAO d’éviter l’option militaire dans le règlement de la crise post-électorale en Gambie. La voie pacifique devrait être privilégiée pour ramener le président sortant à la raison.
Cela permettrait à la Gambie d’être préservée d’une éventuelle guerre civile ou d’une invasion extérieure aux lendemains incertains. La Communauté internationale, en l’occurrence les pays de la CEDEAO, devraient ainsi tout mettre en œuvre, à l’occasion de la future conférence des Chefs d’Etat à Abuja, pour rassurer le probable jeune retraité politique sur son avenir judiciaire. Cette action est d’autant plus nécessaire qu’elle permettrait à l’enclave territoriale sénégalaise de ne pas connaître les mêmes violences post-électorales que la Côte-d’Ivoire a connues de 2010 à 2011.
Si cette démarche pourrait être considérée comme une faiblesse par certains, elle profiterait sans nul doute à l’intérêt supérieur de la Gambie devant toutes autres considérations politiciennes venant de l’intérieur ou de l’extérieur. Le pays de Sir Dawda Kariyaba Jawra, comme la quasi-totalité des Etats africains, n’est pas encore un pays normal. Les termes de la Constitution et les règles de jeu démocratique y sont bafoués par les dirigeants. Pis, sans être une excuse au comportement de Jammeh, il n’y a pas un seul dirigeant parmi eux (ceux qui s’agitent aujourd’hui à faire dire au président sortant de respecter sa parole d’honneur) qui soit blanc comme neige.
Qui d’entre eux est en mesure de donner la preuve qu’il respecte scrupuleusement sa parole donnée dans son pays ? Il faut alors négocier une sortie honorable pour le dirigeant gambien afin que le système politique qu’il a mis en place pendant plus de deux décennies puisse épouser la nouvelle donne politique. Après tout, le pouvoir à venir devrait éviter de faire la chasse aux sorcières aux partisans du pouvoir sortant.
Yayha Jammeh ne se serait certainement pas rétracté pour demander l’arbitrage de la Cour suprême, deux semaines après avoir accepté sa défaite et félicité son challenger, si Adama Barrow et les autres membres de l’opposition actuelle n’avaient pas commis l’extrême maladresse de le menacer vivement en lui promettant un dur avenir judiciaire. Quid des puissances occidentales ? Si celles-ci avaient mis de côté leur rancœur pour saluer le fair-play du président sortant, on n’en serait certainement pas là où nous en sommes aujourd’hui. Et plus encore, si leurs chancelleries avaient intelligemment travaillé à les faire comprendre qu’il valait mieux mettre en confiance le régime sortant que de lui faire peur à propos de son avenir politique.
Gaoussou M. Traoré

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