Afrik’ actu : Que les autres parlementaires africains s’inspirent de leurs homologues Béninois !

Le mardi dernier,  à 60 voix pour, 22 contre et une abstention, l’Assemblée Nationale du Bénin a rejeté l’examen du texte de projet de révision constitutionnelle initié par le Président Patrice Talon. Une surprise  peut-être pour certains. Mais ce qui est évident, c’est qu’une  fois  de plus, par cet acte le peuple béninois, à travers ses parlementaires, démontre au reste du monde notamment à l’Afrique,  sa  grande maturité  politique. Pour avoir ainsi manqué les  trois quarts des voix indispensables des députés, le Chef de l’Etat  béninois devra encore attendre pour faire passer son projet de campagne.

Pourtant, c’est avec une grande humilité que les opposants au texte savourent leur victoire qu’ils considèrent comme la victoire du peuple et non la défaite du Chef de l’Etat. En d’autres termes, ils considèrent que «ce n’est pas une victoire contre un homme ». Comme on peut alors le constater, pas de triomphalisme pour les partisans du Non. Lesquels  estiment qu’à l’état  actuel où se trouve leur pays, la révision constitutionnelle n’est pas une opportunité pour le peuple béninois.

D’ailleurs, pour argumenter leur refus aux amendements voulus par le Président Talon, ils considèrent que celui-ci aurait dû s’attaquer  d’abord aux dossiers socio-économiques qui préoccupent de façon récurrente ses  concitoyens. Ce qui est logiquement une nécessité,  si l’on sait que la majorité de la population béninoise vit au seuil de la pauvreté. Loin de s’acharner à faire un forcing  pour  faire passer son projet comme on l’aurait fait sous d’autres cieux en Afrique, l’Exécutif béninois accepte avec philosophie, le résultat  des urnes.

Et la leçon  très intéressante à tirer de cet imbroglio  politique est que, bien que Talon bénéficie d’une majorité confortable à l’hémicycle, il n’a pas pu bénéficier  du soutien espéré de la totalité de ses partisans. Ces derniers sont demeurés avec leur esprit critique et leur conviction politique et ont refusé  que les représentants du peuple qu’ils sont, votent comme une caisse de résonnance, tout projet venu du Chef de l’Etat.

Les  autres parlements africains devraient  bien s’inspirer  de l’exemple d’opposition responsable béninoise  pour bloquer toute aventure personnelle dans leur pays.  Il est d’ailleurs temps que  la gouvernance africaine sorte de sa rhétorique traditionnelle, pour libérer la parole et les prises de décision au niveau des élus du peuple. La mission d’un député n’est-il pas d’abord de veiller à l’action gouvernementale pour protéger les citoyens de tout abus de pouvoir de l’Exécutif ?

 Gaoussou Madani Traoré

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