Afrik’ actu : Rétablissement de la paix et de la réconciliation à Kidal : La Communauté internationale doit faire un choix cornélien


Le 15 mai 2015, l’ensemble de la  Communauté internationale (CI) s’est rendue à Bamako pour donner sa caution à la signature officielle  et solennelle  de l’Accord issu du processus d’Alger pour la Paix et la Réconciliation, entre l’Etat du Mali et les groupes armés du nord.  Dans le même sillage,  un Comité de  Suivi de l’Accord a été créé où siègent l’ensemble des belligérants, la médiation algérienne  et  l’ensemble de la CI afin de favoriser  son application.

Le déploiement  des patrouilles mixtes  (composées des combattants de la CMA, de la Plateforme et des soldats de l’armée malienne) et l’installation des autorités intérimaires devraient être la clef de voûte de l’édifice de paix et de la réconciliation dans les régions nord du Mali. Mais malheureusement, depuis 18 mois,  ni l’un ni l’autre n’ont pu  se réaliser.  Cette, par la mauvaise volonté de certains acteurs du processus et la démagogie de la CI qui continue de ménager les acteurs de la rébellion,  leurs caprices étant  toujours satisfaits.

Un  statu quo  qui va demeurer tant que   persistera  l’inconstance  de la toute puissante  Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA)  d’honorer ses  propres engagements et  qu’elle récusera l’autorité de  l’Etat malien.  Dernière illustration de ces manquements, c’est la récusation du nouveau Gouverneur de Kidal par la CMA. Ce qui a eu comme effet, le report sine die de l’installation des autorités intérimaires,  initialement prévue pour le 18  février.  Toutes choses qui vont contraindre les dignitaires maliens, les ambassadeurs  et représentants de l’ONU et de  l’ensemble de la Communauté internationale d’attendre encore pour aller inaugurer l’installation des autorités intérimaires dans la région de l’Adrar des Ifoghas.

A  travers sa stratégie  délibérée du dilatoire  depuis un an et demi contre   l’activation des mécanismes de  résolution pacifique de la crise multidimensionnelle  des régions du nord édictés par le processus de l’Accord d’Alger,  la CMA  cache en réalité son manque d’adhésion au processus dont elle  est pourtant  un signataire majeur. Ce qui n’est point une surprise pour qui sait que sa  seule lecture dudit Accord d’Alger n’est ni plus ni moins  que  d’accéder à  une  totale autonomie, voire l’indépendance vis-à-vis de Bamako.

Face  au  refus de la CMA de  reconnaître l’autorité de l’Etat malien dans la nomination du  nouveau Gouverneur à Kidal (une  prérogative présidentielle)  et à ses multiples dérobades  dans le processus  d’installation des autorités intérimaires à Kidal, la Communauté internationale doit désormais afficher  sa plus  grande fermeté pour la contraindre à accepter que les lignes bougent.  Ce qui ne peut être une réalité tant que cette CI,  plus que jamais,  ne fait pas  passer son devoir par-dessus tout. Un  choix  Cornélien qui  l’obligera  à mettre davantage de pression  militaire  et diplomatique sur  la CMA afin que celle-ci  se plie  enfin à la fois aux décisions de l’Etat souverain du Mali mais aussi  à ses propres engagements édictés par le processus d’Alger.

Une nécessité,   compte tenu du fait que la  Démobilisation, le Désarmement  et  la Réinsertion (DDR)  des combattants rebelles n’ont  pas lieu  et  que les forces nationales de défense et de sécurité  sont  toujours  interdites de se redéployer dans la région de Kidal. Or,  sans la neutralisation  de la CMA,  point d’installation effective et pérenne d’autorités intérimaires et de Gouverneur à  Kidal.  Mais  reste que,  par une  simple volonté politique, les forces  Barkhane et celles de la MINUSMA  pourraient  montrer leurs muscles pour  faire plier  militairement   la CMA sur le terrain.  Un instrument que  la CI,  garante  du processus de l’Accord d’Alger,  doit  utiliser pour redorer son blason.

Gaoussou Madani Traoré

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