Afrik’ actu : Sans synergie réelle des moyens militaires, le G5 ne peut lutter efficacement contre le terrorisme

Le mois  dernier, Bamako  a abrité un sommet extraordinaire du G5 Sahel dont les travaux ont  débattu de  « la situation sécuritaire au Mali et son impact dans le Sahel».  Une  rencontre au cours de laquelle, les Chefs d’Etat  et de Gouvernement de  la Mauritanie, du  Mali, du Niger,  du Tchad  et du Burkina Faso, « conscients de la situation sécuritaire préoccupante dans la région du Sahel et convaincus que la lutte contre le terrorisme ne peut être efficace que dans une approche globale concertée et coordonnée », avaient  décidé de la mise en place immédiate de la Force Conjointe du G5 Sahel, conformément à l’option I, à court terme et l’option II, à moyen et long termes. Une  Force Conjointe dont le  mandat  sera  essentiellement de lutter contre le terrorisme et le crime transnational organisé.

Un mois après l’instauration de cette force conjointe, malheureusement  on ne voit aucun signe tangible sur le terrain. Pis, les actes terroristes continuent de se multiplier  et   éprouvent   telle une hydre, les autorités de l’ensemble des pays du Sahel. Le nord-est du  Mali, à la faveur de la crise multidimensionnelle  que traverse le pays, est considéré comme le sanctuaire des mouvements terroristes  évoluant dans la sous-région. Les dernières attaques terroristes  sanglantes et meurtrières perpétrées au Niger et au Burkina seraient organisées au Mali. Beaucoup d’actes terroristes perpétrés au Mali, auraient été commandités  depuis  l’Algérie et la Mauritanie.

D’où l’imminence pour le Sahel d’agir réellement  en synergie. Ce qui n’est possible que lorsque chaque pays comprend la stricte nécessité d’une approche commune  de la notion  de paix et sécurité. Tant  il est illusoire que les autorités mauritaniennes puissent croire à l’instauration de la paix et de la sécurité dans leur pays alors que leurs voisins du Mali, du Niger et du Burkina vivent dans un climat  d’insécurité totale. Il est tout aussi illusoire que le Mali, le Burkina Faso et le Niger se retrouvent, dans le cadre du Liptako-Gourma,  à  résoudre à eux seuls leurs problèmes d’insécurité. De même  que  sans un climat de paix au niveau des frontières maliennes, notamment au nord, l’Algérie (qui n’évolue encore pas dans le G5)  serait toujours potentiellement confrontée aux actes terroristes. Ce qu’elle a compris d’ailleurs en revigorant  sa coopération militaire  avec  Bamako.

Toutefois, compte tenu de la  triste réalité  de l’approche  globale de lutte contre le terrorisme, cette coopération  militaire  algérienne  doit s’élargir  à l’ensemble des pays  du Sahel  jusqu’en Libye et en Tunisie. En somme,  chaque pays  doit jouer franc jeu avec ses voisins  afin que la  lutte  contre le terrorisme, un  phénomène transfrontalier, puisse  être  efficace.

Selon l’ancien premier ministre du Mali et président de la Cnas Faso Hèrè, «elle n’aura d’effet réel que si elle s’appuie sur des forces armées nationales solides, bien formées, encadrées, renseignées, équipées et motivées ; travaillant en parfaite symbiose avec les populations locales pour assurer la sécurité des personnes et des biens.»

 Gaoussou Madani Traoré

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