Afrik’ actu : Une belle leçon de démocratie à la CAF

Il  est désormais  gravé dans les archives africaines  que le  16 mars 2017, Ahmad Ahmad a accédé  à la présidence de  la Confédération Africaine de Football (CAF),  pour un mandat de  quatre ans. A 34 voix  contre 20, la magie du bulletin secret,  par le biais de sa puissance souveraine,  a  choisi son camp, à Addis-Abeba au siège de l’instance dirigeante du football  africain.  Une nette victoire  que le nouvel homme fort  de la CAF n’est pas d’avis  qu’on l’interprète comme « un ras-le-bol » envers  l’ancien patron Issa Hayatou.  Mais  qu’il  explique plutôt  en toute humilité   par  un  simple  mais profond  désir  de  changement  dans la gestion des affaires du  sport  roi sur le continent noir. Une alternance qu’Ahmad  qualifie  d’ailleurs  de « victoire de la démocratie » en Afrique.

Ainsi, bien qu’on puisse admettre que le président de la Fédération malgache de football ait bénéficié en coulisse du  fort soutien  du président de la FIFA, Gianni Infantino, qui aurait des dents contre Hayatou pour son choix du camp de son rival à l’élection qui l’a conduit à la tête du football mondial, son  élection comme président de la  CAF est  incontestablement  une belle leçon de démocratie en Afrique. Laquelle   devrait  surtout  servir de coup de semonce aux hommes politiques  africains qui s’éternisent  encore  au pouvoir,  pour les inciter à accepter l’alternance politique dans leurs pays.

Après quasiment trois décennies de règne, Issa Hayatou n’aurait  pas dû  chercher à succéder à lui-même  pour l’obtention d’un huitième mandat consécutif à la CAF. En s’abstenant  d’être dans la course,  il aurait   surtout permis à d’autres candidatures valeureuses  d’émerger. Ce qui serait de tout bénéfice pour l’instance dirigeante du football africain et lui aurait permis de sortir par la grande porte. Mais puisque l’ivresse du pouvoir est plus forte que tout, le camerounais ne pouvait pas savoir, jusqu’à la sanction des urnes, que sa génération était désormais  dépassée pour continuer de diriger  le football africain. Pis, qu’il était en  décalage avec toute une nouvelle génération de présidents de fédération quadragénaires et quinquagénaires du continent. Alors  qu’un  simple  regard  rétrospectif  sur ce qui s’était  passé à l’UEFA et à la CONCACAF, lui aurait aussi permis de  se rendre compte que le vent tournait irréversiblement   pour un renouvellement  des différentes  instances.

Toutefois,  l’Afrique retiendra que le camerounais  aura  beaucoup fait et  tout donné  pour la promotion du football en Afrique. C’est pendant son règne que le continent noir est représenté par cinq équipes nationales à la Coupe du monde.  A  l’échelle africaine, il aura  développé  les championnats  locaux  pour booster  le niveau de la Ligue africaine de football. Il  aura popularisé  le foot  par l’avènement des championnats cadets et juniors. Mais il aura aussi et surtout  donné une assise financière sans précédent à la CAF.

Gaoussou Madani Traoré

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