Afrik’Actu* : La passerelle !

Le bouleversement politique survenu au début des années 90 dans les pays d’Afrique francophone ont vu la chute des  « présidents à vie », la conception et l’adoption par référendum de nouvelles constitutions. Lesquelles ont reconnu le droit au multipartisme intégral et à la liberté d’expression, gages de tout système démocratique.

Toutefois, force est de constater un quart de siècle après que de nombreuses tares persistent dans ces pays sur le registre démocratique. La règle de droit y est  bafouée au quotidien. Les élections libres et régulières ne sont pas tenues pour l’alternance au pouvoir. Quid de ces arrestations arbitraires ?

Pour Assane  Thiam, un Africain du Sénégal : « Un État de Droit est celui dans lequel, une fois la règle de droit posée, elle est respectée par tous, et d’abord par les pouvoirs publics, qui ne la modifient pas selon leur bon vouloir. C’est aussi celui  dans lequel la règle est défendue par le juge qui en donne une interprétation qui ne fluctue pas en fonction des contingences politiques. Cette permanence est une garantie pour le citoyen qui peut nouer des relations civiles, politiques et économiques dans un cadre connu et prévisible ».

Une conception superbement ignorée dans la quasi-totalité des pays africains ! Où, la règle de droit n’existe que dans les codes. Où la Loi fondamentale peut être modifiée à tout moment au gré des princes du jour pour l’article qui limite le nombre d’années au pouvoir : comme en Côte d’Ivoire, au Tchad, en Guinée, Benin  ou au Togo.

Il arrive que la Communauté internationale exige la révision de la Loi Fondamentale comme au Mali que nécessiterait la mise en oeuvre de l’Accord d’Alger. Une révision que l’opposition politique et la société civile jugent lourde de périls pour la stabilité du pays.

La preuve : les récurrentes manifestations politiques avec leurs cortèges de morts et de destructions de tissus sociaux dans les pays d’Afrique francophone. Tout simplement parce que des citoyens voyant s’effriter les maigres acquis démocratiques, tentent de résister.

Par Gaoussou M. Traoré

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