Amerik’ actu : Quand Alpha et Cellou se parlent, la Guinée gagne !

En se rendant au Palais présidentiel pour discuter face-à-face avec le Président, malgré la forte mobilisation de ses militants contre le régime, deux semaines plus tôt, le Chef de file de l’opposition guinéenne montre à la face du monde que sa mouvance est bien disposée au dialogue pour aplanir les divergences de vue entre les deux camps. Cette rencontre du 1er septembre entre Alpha et Cellou, bien qu’elle ne soit pas la première du genre, est une première depuis plus d’un an. Les deux acteurs politiques guinéens, par leur grande capacité de résilience, démontrent ainsi qu’ils sont désormais prêts, en véritables hommes d’Etat, à faire bouger les dossiers politiques dans leur pays.
Mais, est-ce la recherche de l’apaisement qui a motivé le numéro un guinéen à rencontrer celui qui appelle constamment les militants de son parti à battre le pavé dans les rues de Conakry ? Si jamais c’est le cas, cette détente suffira-t-elle pour permettre que les deux hommes clefs de la politique guinéenne se fassent confiance pour travailler dans une entente réciproque ? L’espoir est bien permis, si l’on se réfère aux propos de l’opposant guinéen.
La Guinée, pour Cellou Diallo, est dans la perspective de dégager le ciel entre les protagonistes politiques. Cela est attesté par le fait que le président s’est engagé et a fait engager toutes les institutions de la République dans l’application des accords politiques afin que les élections communales et régionales (le principal point d’achoppement) puissent enfin se tenir. Ce qui implique que l’engagement pour que la Ceni soit réformée est aussi acquise, des enquêtes seront bien menées pour identifier les auteurs de crimes perpétrés par les forces de l’ordre. Toutes choses qui pourraient faire quitter le règlement des questions politiques de la rue au domaine institutionnel. Ce qui est de tout bénéfice pour la bonne marche du processus démocratique en Guinée.
Tout compte fait, la rue n’est pas bien indiquée pour résoudre démocratiquement les questions politiques. Pour la simple raison que, lorsque la rue devient le théâtre des revendications dans un pays, cela implique tout simplement que le pouvoir et son opposition ne se parlent plus.
En Guinée, le président Condé et l’opposant Diallo veulent mettre fin aux manifestations de rue. Car, si le premier promet qu’il va régulariser le contact direct, le second se défend que la rue ne soit qu’un moyen par défaut pour porter ses revendications politiques.
Puisse ce dialogue demeurer fécond entre les deux hommes d’Etat afin que le processus démocratique puisse avancer en Guinée!
Gaoussou M. Traoré

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