And the winner is……….Trump

L’élection de TRUMP à la présidence des Etats Unis d’Amérique doit d’abord être interprétée comme la manifestation de la peur d’une majorité d’américains, effrayés par la modification progressive du corps social américain et par la mondialisation de l’économie marquée par l’apparition sur la scène internationale de nouveaux acteurs, asiatiques notamment, remettant de plus en plus en cause le leadership américain dans la conduite des affaires du monde. L’Amérique n’est pas seule. Le phénomène est perceptible en Europe.trump-01
Le 08 novembre dernier, les américains ont élu leur président, l’homme le plus puissant du monde et le quarante cinquième de leur histoire.Son nom : Donald TRUMP, milliardaire, magnat de l’immobilier et classé par les observateurs à l’extrême droite de l’échiquier politique américain.
Elu à la surprise générale, car, à quelques heures du scrutin aucun sondage ne le donnait gagnant face à Mme CLINTON qui bénéficiait d’un capital de sympathie clairement affiché par les analystes politiques. Contrairement à la tradition américaine, cet homme, illustre inconnu sur le plan politique, n’a jamais été élu à un poste politique et n’a jamais appartenu à l’élite politique de son pays. Son slogan de campagne : MakingAmericagreatagain, qu’on peut traduire par ‘’rendre à l’Amérique sa grandeur’’.Son programme politique? On n’en connait que le côté inquiétant : renvoi chez eux des onze millions de clandestins du monde entier qui vivent illégalement au pays de l’Oncle Tom, y compris les nombreux mexicains accusés d’être des violeurs et des assassins, construction d’un mur entre les USA et le Mexique, aux frais du contribuable mexicain s’il vous plait, dénonciation de plusieurs traités de coopération signés entre les USA et leurs partenaires, etc. Bref, un programme inquiétant pour la planète entière, y compris pour les alliés traditionnels des USA.
Passé le moment de surprise (ou de stupeur pour certains), il n’est pas inutile de se pencher sur le phénomène TRUMP pour le comprendre d’abord puis pour préparer et prévenir ce qui nous attend au cours des prochaines années.
Les premiers qui ont accepté de remettre leurs méthodes de travail en cause sont les journalistes qui sont passés complètement à côté dans leurs analyses et leurs sondages. En réalité, on ne doit pas remettre en cause le principe des sondages qui sont les seuls moyens de se donner une idée de l’état d’esprit d’une population à un instant donné et sur un sujet donné.
Ce qui a manqué aux sondeurs c’est le choix de l’échantillon : tous ont interviewé des américains de différents groupes (blancs, noirs, hispaniques) vivant dans les grandes agglomérations et ayant un niveau d’éducation appréciable. Les sondages ont oublié l’autre Amérique, la rurale, blanche, religieuse et traditionnelle. Celle qui ne voit pas d’un bon œil que le débat politique soit focalisé sur le sort des noirs et des hispaniques.
Celle qui va à l’église le dimanche et qui refuse le mariage homosexuel et autres dérives morales. Celle pour qui l’Amérique doit toujours être grande, puissante et respectée. Celle qui ne peut accepter que des pays lointains comme la Chine dirigent ou dominent indirectement l’économie américaine et qui n’a toujours pas digéré l’élection d’un noir, africain de surcroit, à la présidence de la prestigieuse Amérique blanche. C’est cet électorat qui a fait la différence.
L’élection de TRUMP à la présidence des Etats Unis d’Amérique doit d’abord être interprétée comme la manifestation de la peur d’une majorité d’américains, effrayés par la modification progressive du corps social américain et par la mondialisation de l’économie marquée par l’apparition sur la scène internationale de nouveaux acteurs, asiatiques notamment, remettant de plus en plus en cause le leadership américain dans la conduite des affaires du monde.
L’Amérique n’est pas seule dans cette posture : on retrouve la même peur, sous diverses formes, dans tous les pays européens avec l’apparition de partis politiques faisant de la différence raciale ou religieuse l’axe principal de leur programme, en se cachant derrière la lutte contre l’immigration clandestine. On comprend alors pourquoi ces partis de l’extrême droite européenne ont applaudi la victoire de Mr TRUMP.
L’élection de TRUMP fait certes peser beaucoup d’incertitudes sur les relations internationales pour les prochaines années. Pour nos pays africains, le nouveau locataire de la Maison Blanche a promis qu’il reviendra sur les acquis de la loi américaine AGOA qui nous offre des facilités d’exportation vers le marché américain et sur l’Accord de Paris sur le climat (la COP 21).
Le 20 janvier 2017, Mr TRUMP s’installera dans le luxueux bureau ovale de la Maison blanche. Il sera alors face à la réalité du pouvoir et aux exigences d’un monde changeant dont les USA ne sont plus tout à fait le maître. Il sera aussi face aux différents intérêts diplomatiques et économiques américains, notamment ceux des multinationales implantées à travers le monde.
Et, last but not the least, il sera face à une grande partie de l’opinion publique américaine qui n’a pas apprécié son élection et qui attend ses premiers faux pas pour envahir les rues comme cela se voit depuis quelques jours.
On saura alors ce que fera réellement Mr TRUMP de son ambitieux programme. D’ici là, restons positifs et optimistes car on sait d’expérience qu’il y a toujours un décalage entre les promesses d’un candidat et les actions d’un élu.
Disons donc Welcome, Mr TRUMP.
Sidi Mohamed

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