Chauffeurs conventionnaires de la Minusma dans les régions du Nord : «Nous voulons une prime de risque ou une augmentation des mesures de sécurité…»

Les chauffeurs qui conduisent les convois de la Minusma courent aujourd’hui de gros risques en raison des bandits armés. Cela s’explique par la mauvaise organisation des tâches, c’est-à-dire que les convois sont sécurisés et accompagnés par des renforts à l’aller, mais au retour. Pourquoi ce double jeu ? Nous lançons un appel à tous les responsables des agences et les partenaires onusiens à faire preuve de responsabilité.
Chauffeur MINUSMA
Chacun pour soit Dieu pour tous. Cet adage de chez nous colle bien aux attitudes de la Minusma vis-à-vis de ses chauffeurs. La Mission onusienne au Mali est devenue une structure à part entière. C’est pourquoi, les besoins dépassent souvent le cadre logistique de la Mission. Ainsi, pour combler ce trou, elle fait appel aux prestataires extérieurs pour transporter les matériels logistiques et les vivres vers le Nord du pays. En effet, les chauffeurs chargés de transporter ces produits sont confrontés à un véritable risque, parce qu’ils ne font pas partie du personnel de la Minusma ; donc, abandonnés à leur propre sort après qu’ils aient rendu des services à la Minusma.
Contrairement aux chauffeurs de la Mission, les conventionnaires ne bénéficient que la somme variant entre 50.000 et 60.000 Fcfa par sortie. Au regard de la loi, chaque personne est dotée d’une âme et a droit à la protection physique. Ce montant est jugé très minime et ne représente aucunement grand-chose face au danger du terrain. Par conséquent, les chauffeurs conventionnaires demandent une augmentation soit sur leur salaire, soit bénéficier d’une prime de risque, et au-delà, la sécurisation de leurs convois par la Minusma à l’aller comme au retour. Car, ils n’ont pas les moyens d’assurer leur propre de sécurité en tant que simples chauffeurs. La situation est alarmante et ils sollicitent l’indulgence des responsables de la Mission onusienne. Selon eux, ils ne vivent que de leur job et l’aiment.
«D’après un adage de chez nous : ‘’c’est à défaut de la maman qu’on taite la grand-mère’’. Si ce n’était pas à cause du manque d’emploi et par peur de chômer, beaucoup d’entre nous n’allaient pas accepter de travailler dans de tels risques. Nous pouvons souvent être victimes des braquages par les coupeurs de route, deux fois souvent par mission. Il ne passe pas deux semaines, sans qu’ils n’y ait une attaque sur certains axes par des individus non identifiés. Surtout, sur les axes Sévaré-Gao, Tombouctou-Gossi… En tout cas, nous signalons que nous sommes victimes de la situation sécuritaire très précaire dans le Nord du pays et nous lançons un appel à tous les responsables des agences et les partenaires onusiens à faire preuve de responsabilité, tout en songeant à nous. Car, nous sommes aussi des serviteurs de la paix au Mali», plaide S. M, l’un des chauffeurs conventionnaire de la Minusma.
Source : Le Dénonciateur

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