Colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l’état-major français des armées : ‘’Les forces armées maliennes sont très combatives’’

Dans un entretien exclusif accordé à nos confrères du journal ‘’Le point Afrique’’ le colonel Fréderic Barbry, porte -parole de l’état-major français des armées s’est réjoui de la combativité des forces armées maliennes, dans le cadre de leur montée en gamme. Toutefois, il a jugé nécessaire la construction d’une expérience dans la durée pour inverser la situation sur le terrain.

Dans cet éclairage consacré à la guerre asymétrique dans laquelle la force Barkhane est engagée au sahel, le colonel Barbry a dévoilé quelques résultats depuis le Sommet de Pau entre le Président de la république française Emmanuel Macron et les Chefs d’Etats du G5 Sahel. L’un de ces résultats notoire a été d’empêcher la montée en puissance de l’Etat Islamique au Grand Sahara. « Nous lui avons interdit la sanctuarisation de zones, avons coupé ses axes logistiques, l’avons perturbé dans ses méthodes et avons pu mettre hors de combat un certain nombre de ses chefs. On peut aussi constater comme résultat que depuis quelques mois, les attaques complexes ont baissé de fréquence et sont à un niveau jamais enregistré auparavant, d’une part. D’autre part, les forces armées maliennes, dans le cadre de leur montée en gamme, sont très combatives. Lorsqu’elles ont été attaquées, elles ont pu riposter de la meilleure des manières et, avec la formation des Gata (Guetteur aérien tactique avancé), elles ont, de manière autonome, pu guider sur certaines positions ennemies la chasse, que celle-ci soit celle des forces partenaires ou de l’opération Barkhane», s’est-il-réjoui.

Ce qu’il faut aussi mettre au crédit de l’opération Barkhane, à l’en croire, ce sont les deux volets que sont l’européanisation et la sahélisation « Sur la sahélisation, je donnerai un exemple qui est emblématique. C’est la grande opération ‘’ Bourrasque ‘’ qui a eu lieu pendant tout un mois et qui a mis sur le terrain 3 000 militaires composés à 50 % de Français et à 50 % de forces partenaires, dont 1 100 soldats des forces nigériennes et 300 des forces armées maliennes. Ce n’est pas rien parce que l’on a un ratio qui est en train de progressivement diminuer en termes de participation des armées françaises qui, au départ, représentaient 70 à 80 % des militaires engagés. Le but de la manœuvre, c’est d’arriver à une autonomisation de nos camarades des forces armées partenaires pour que celles-ci soient en mesure d’œuvrer seules sur le terrain face à l’ennemi».

‘’On s’inscrit dans une démarche de temps long ‘’

Un autre progrès au Sahel dans le cadre du partenariat militaire opérationnel a été une opération d’envergure, pendant presque un mois, le 33e Régiment de commandos parachutistes des FAMAS a pu s’entraîner, avec le groupe tactique désert Lamy, pour ensuite opérer dans la région du grand Hombori et obtenir des résultats opérationnels plus que significatifs puisqu’ils ont été à la fois au contact et ont empêché des manœuvres ennemies. Pour ce faire, a-t-il dit, ils ont pu localiser et détruire des plots logistiques, contraindre l’ennemi à renoncer à la pose d’engins explosifs improvisés (également appelés IED pour les mots anglais d’Improvised Explosive Device), notamment en saisissant des matières premières, des mines et du matériel constitutif de ces engins explosifs improvisés.

Une démarche de temps long

Pour une armée malienne capable d’agir efficacement et inverser la situation sur le terrain, ce que le Colonel Fréderic note, c’est que le recrutement, la formation jusqu’à ce que la recrue soit aguerrie et la montée en gamme ne peuvent pas se faire en seulement quelques mois «Derrière, il faut construire l’expérience qui s’acquiert dans la durée, le temps de pouvoir pleinement s’exprimer. Donc, oui, on s’inscrit dans une démarche de temps long ».

Pour l’interlocuteur, il y’ a également une montée en gamme qui favorise de grands pas vers l’autonomisation du côté de la force armée malienne. Car le but de la Task force Takuba est résumé dans les trois alphas (Advise, Assit, Accompany) : le conseil, l’accompagnement et l’aide au combat avec, in fine, l’objectif de bâtir une autonomie complète sur leur segment.

S’agissant des rumeurs du rappel de 600 hommes de la force Barkhane pour la mi-février, le colonel Barbry souligné que les décisions ne sont encore ni prises ni actées. Il faut attendre les décisions du président de la République pour savoir ce qu’il en sera de l’adaptation de Barkhane par rapport à la situation et à l’ennemi, a fait savoir l’officier français.

Bintou Diarra

 

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