Crise au Conseil national du Patronat du Mali : Les Présidents des GP et des CPR prennent leurs responsabilités

Dans un mémorandum intitulé « la Souveraineté au CNPM appartient à ses membres qui sont les groupements professionnels et les CPR», en date du 13 janvier 2021, les Présidents des Groupements Professionnels (GP) et des Conseils Patronaux de Région (CPR) prennent « leur responsabilité face à l’histoire de sauver leur instrument de travail, de préserver l’avenir pour ne pas handicaper les nouvelles générations d’entrepreneurs du Mali ». Ils ont mis en place un comité de crise dirigé par Soya Golfa pour une période transitoire devant aboutir à des élections transparentes.

«La crise actuelle du CNPM est née à la suite de l’organisation des élections de renouvellement de mandat du bureau, celui de l’ancien bureau arrivait à terme le 9 octobre 2020. Faute de consensus, deux listes de bureau réclament la légitimité de diriger le patronat. Ce qui met le CNPM dans une situation de crise sans précédent. Malgré toutes les tentatives de conciliation, les parties n’ont pu trouver une solution commune de sortie de crise. De fait, elles ont plongé le CNPM dans un nœud gordien avec son corollaire de feuilleton judiciaire et quelquefois de scènes de violences. Toute chose qui, loin d’honorer l’image de la faitière du Secteur Privé, accentue les dissensions et les clivages. Nous avons donc aujourd’hui deux bureaux et deux Présidents du CNPM qui revendiquent tous la légalité et la légitimité en qualité d’organe dirigeant du CNPM. Chacun de ces bureaux ayant à la fois ses supporteurs et ses détracteurs au sein des membres du CNPM. Les procédures judiciaires en cours prendront des années avant d’aboutir à des décisions définitives exécutoires », explique le mémorandum.

Toujours selon le document, cette situation a plusieurs conséquences sur le secteur privé et le pays comme la perte de crédibilité et d’influence, Le déficit de défense des intérêts du secteur privé, d’énormes pertes quant aux acquis syndicaux, la démobilisation des investissements et la marginalisation du secteur privé. Le document indique qu’il est impératif et nécessaire de réconcilier les esprits et les cœurs ; de s’entendre sur l’essentiel afin de mettre fin à cette crise. Ce qui a poussé les Présidents des Groupements Professionnels et les Présidents des Conseils Patronaux de Régions, à prendre un certain nombre de mesures. Il s’agit de la mise en place d’un Comité de Crise en guise d’organe dirigeant pour une période transitoire ; l’engagement des procédures administratives et juridiques nécessaires pour acter la mise en place d’une période transitoire au CNPM dont la durée sera fixée par l’AG ; la mise en place d’un comité de relecture des textes du CNPM ; l’organisation d’une Assemblée Générale de validation des nouveaux textes et l’organisation d’une Assemblée Générale élective au terme de la transition.

«Personne ne défendra le secteur privé à sa place. Personne ne réglera ce problème du CNPM mieux que les acteurs. Les décisions de justice ne suffiront pas pour régler le problème au sein du CNPM. Nos ainés, Feu Moussa Mary Balla Coulibaly et ses compagnons ont bâti pendant 30 ans une organisation de défense des entreprises, crédible et puissante. Nous n’avons pas le droit de regarder ce legs se consumer à petit feu pour finir par mourir sous nos yeux impuissants. Ce serait un gâchis et surtout un échec collectif lourd de sens. Il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard ! », conclut le mémorandum.

Dans une déclaration en date du 13 janvier, il a été mis en place un comité de crise de 7 membres qui sera présidé par Soya Golfa, Président du Groupement des Commerçants pour la mise en œuvre des actions contenues dans le mémorandum. Mandat a été donné à Soya Golfa de désigner les membres du comité après une large consultation des membres du CNPM. A la date du 19 janvier, 26 organisations sur les 39 que composent le CNPM ont validé la mémo et la déclaration.

Chiaka Doumbia

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