Déclassement du Compte Azar Libre-Service au niveau de sa banque : Plusieurs raisons pour privilégier un règlement à l’amiable !

 

Si un banquier et son client qui sont de surcroit des références dans leurs domaines respectifs ont pu collaborer pendant 40 longues années, ce ne peut être que sur la base d’une confiance réciproque et d’un partenariat gagnant-gagnant. Si une erreur commise et reconnue par l’une des parties occasionne d’énormes préjudices – matériels et moraux- à l’autre, un règlement à l’amiable est toujours préférable à un contentieux judiciaire pour préserver une collaboration aussi exemplaire. Les autorités compétentes devraient les y encourager pour sauver des milliers d’emplois.  

«Un mauvais arrangement veut mieux qu’un bon procès», a-t-on coutume d’entendre. Cette sagesse doit inspirer, surtout par les temps qui courent, autant le gérant de la Société Azar Libre que les responsables d’une banque de la place. Ce sont deux géants dans leurs domaines respectifs d’intervention qui ont plus d’une quarantaine d’années de partenariat.

Le premier est une référence dans le secteur de la grande distribution des denrées de première nécessité et a créé plus de 4 000 emplois dans un pays où le chômage est   une question de sécurité publique. Le second est une sommité connue dans le secteur des banques et établissements financiers du Mali voire de la sous-région!

Comme c’est curieux qu’un partenariat de plus de 40 bonnes années ait été terni par une affaire qui aurait dû se dénouer à l’amiable. En effet, un dynamique et client fidèle `désagréablement surpris par un déclassement de son compte dans la catégorie des comptes “douteux et litigieux” au niveau de la BCEAO, que rien ne justifie, s’est vu contraint d’ester en justice contre sa banque pour les préjudices subis : à ses affaires et à son honneur !

D’abord, parce que le client en question, Bassam Michel Azar, n’en était pas à son premier prêt. Au cours de leur quarantaine d’années de collaboration, il en a contracté à maintes reprises avec son partenaire et toujours remboursé.

Ensuite le montant, à l’origine du fâcheux malentendu, n’est que le reliquat d’un prêt déjà épongé aux trois quarts. Dont le paiement a accusé du retard pour des raisons liées à la crise multidimensionnelle que vit le pays. Le client reconnaît même les intérêts de ce retard évalués à 250.767. 463 FCFA ! Le déclassement est une sanction extrême voire un abus dans le cas d’espèce. Car si le client tarde à honorer un engagement, la banque doit avoir épuisé au préalable d’autres voies de recours.

C’est pourquoi, au lieu d’un contentieux judiciaire, un arrangement à l’amiable devrait être privilégié. Les préjudices ainsi subis par le client seraient réparés, l’image des deux parties serait sauve et un précédent fâcheux évité.

En outre, cette affaire devrait interpeler l’Etat qui s’est montré réceptif aux préoccupations exprimées par le monde des affaires au cours d’une démarche conjointe de la Chambre de Commerce et d’industrie du Mali et du Conseil national du Patronat du Mali. Il a pris l’engagement de trouver des mécanismes de financements et un moratoire de rééchelonnement des dettes avec les banques en faveur des entreprises. Adhérant à la démarche, la BCEAO a déjà donné des Directives aux banques pour proroger les échéances, baisser le taux d’escompte de 4,5% à 2 %, mobiliser l’épargne pour aider l’Etat à financer l’économie en augmentant le volume des prêts aux banques.

Chiaka Doumbia

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