Délocalisation de services d’Orange-Mali à l’étranger : Vers le chômage technique de plusieurs travailleurs nationaux

Depuis le mois de janvier 2017, la filiale française Orange-Mali, a décidé de délocaliser la maintenance et l’exploitation de son réseau à la filiale roumaine, Ericsson-Mali. Or, ce département technique est aujourd’hui  dirigé par des étrangers qui œuvrent à supprimer deux services locaux d’Orange au profit des roumains.

En dépit de  la dégradation de la qualité des services du réseau Orange-Mali causée par cette délocalisation, tout semble être planifié pour pousser les employés nationaux vers la porte à travers une exploitation qui ne dit pas son nom. L’histoire commence en décembre 2015, lorsqu’une équipe de Roumains d’une filiale du groupe Ericsson basée en Roumanie est arrivée au Mali pour s’imprégner de l’exploitation du réseau pendant 3 mois.  Après ce séjour de visite et de formation, la maintenance et l’exploitation du réseau ont été, par la suite, confiées à ces  Roumains depuis janvier 2017.

Dans le cadre de cette nouvelle collaboration, le 31 décembre 2016, 97 employés maliens d’Orange-Mali ont été transférés à Ericsson pour le projet ANO (Amea Network Optimization). Ce projet est une politique du groupe Orange qui consiste à sous-traiter toute la partie technique des différentes filiales du groupe à travers le monde. Orange-Mali, dépendant du groupe SONATEL qui a refusé le projet, a été choisi comme pilote dudit projet.

Ainsi sur les 97 employés transférés à Ericsson-Mali, 93 sont passés par des cabinets de recrutement RMO Job center et CEI. Pour un début, ces deux cabinets de recrutement ont notifié la fin de contrat à ces 93 employés chez Orange pour le 31 décembre 2015 et leur mise à la disposition d’Ericsson pour une durée de 3 mois.

Quant à la filiale Ericsson-Mali, elle avait considéré ces trois mois comme période intérimaire ou de test en attendant la signature de nouveaux contrats. Ce qui n’a jamais été fait. C’est ainsi qu’à partir du 31 mars 2016, un arrêt de travail, notifié par mail aux responsables d’Ericsson, a été observé par tout le personnel intérimaire. Cette décision a entraîné l’arrêt de la maintenance et de l’exploitation du réseau. Aussitôt, les responsables ont engagé des négociations pour la reprise des travaux afin d’assurer la maintenance et l’exploitation du réseau.

Au cours des négociations, des propositions ont été faites par le Directeur Général d’Ericsson-Mali, Malik SECK, pour une reprise des activités. Il s’agit, entre autres, du paiement des arriérés de prime d’astreinte, du paiement des heures supplémentaires et des frais de mission, de la mise en place d’une assurance maladie valable pour tous les salariés, d’une notification d’extension de contrat, de la possibilité d’un nouveau recrutement.

Malgré ces assurances, le 14 mars 2017, 8 personnes ont reçu la notification de non renouvellement de leur contrat pour le 31 mars 2016 par leur cabinet pour des raisons économiques. Au même moment, des expatriés sont recrutés comme consultants avec des salaires 5 fois supérieurs à ceux des locaux.

A suivre

Ousmane BALLO

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