Diawoye Traoré, secrétaire général de l’Association Nationale des Chasseurs du Mali : ‘’Nous sollicitons le gouvernement pour la réussite de notre congrès’’

Créée en 1991, l’Association Nationale des Chasseurs du Mali prépare son 5ème congrès prévu pour les 3 et 4 avril prochains au Palais de la Culture. Cette rencontre est un moment décisif pour les chasseurs qui viennent de toutes les régions du Mali et du district de Bamako pour débattre des questions essentielles concernant l’association et la vie de la nation. Dans un entretien qu’il a voulu nous accorder, le secrétaire général, Diawoye Traoré,  nous parle des enjeux du congrès.

Monsieur le Secrétaire général, sous quel signe placez-vous ce congrès ?

Notre objectif est de voir comment on peut réellement aider le pays en quête de paix. Donc, nous pouvons dire que ce congrès est placé sous le signe de la paix. C’est aussi une manière pour nous chasseurs de nous rencontrer, nous parler, mais aussi de respecter nos statuts. Car, chaque 5 ans, nous sommes appelés normalement à renouveler notre bureau. Pour la réussite de ce  congrès, nous avons lancé un appel à toutes les régions, communes et cercles afin qu’ils envoient deux représentants par localité. Quant à  Bamako, c’est  dix chasseurs par commune.  Outre ces participations nationales, nous avons invité les pays voisins comme  le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Benin, la Guinée et nous avons déjà reçu leur message de participation. Nous ne voulons pas que le gouvernement ait peur de nous, nous ne sommes pas des casseurs. Même si on nous donne du diamant, nous ne trahirons  jamais notre pays. Cette nation que nous-mêmes avons  construite,  nous ne pouvons  pas permettre que d’autres viennent la détruire. Des malfaiteurs qui viennent chez nous habitent chez des gens, malgré cela, ils font des coups-bas. L’observation que nous pouvons faire à ce niveau est d’avertir le gouvernement. Et nous savons que le gouvernement aime cela. Nous ne voulons ni être président, ni député, ni maire, nous voulons simplement apporter notre pierre à la construction et à la protection de ce pays. Et il n’y a pas de barrière entre nous, de Kidira à Kidal,  nous parlons tous le même langage.

 

Comment se porte la confrérie des chasseurs au Mali ?

La confrérie se porte très bien aujourd’hui. Car, nous avons pu recenser toutes les régions du Mali.

Qui est le chasseur ?

Le chasseur n’est pas une ethnie à part. Les chasseurs sont ceux qui protégeaient les pays des guerres avant l’arrivée des blancs. On fabriquait des armes, des balles et des fusils. A l’arrivée des blancs,  ils nous ont colonisés et ont changé nos armes. De nos jours, tout le monde peut chasser, c’est une question de courage et de détermination. Le chasseur, c’est quelqu’un qui fréquente la forêt. Même les femmes peuvent chasser. Il y a plusieurs sortes de chasseurs. Il y a  des personnes qui chassent et qui ne sont pas dans nos associations  par exemple les policiers, les soldats. C’est  devenu comme une ethnie alors que c’est loin de cela.

De plus en plus, on parle de changement climatique à travers le  monde, est-ce que les chasseurs  ont un rôle à jouer dans la conservation de la nature ?

Le changement climatique est une réalité. C’est la sècheresse et la déforestation qui sont causées par les humains. Alors qu’on ne peut pas parler de forêt ni de chasse sans les arbres et les herbes. Nous les chasseurs, nous sommes toujours dans la forêt et nous voyons tout cela. Mais nous ne pouvons pas réagir car, nous ne sommes pas autorisés à le faire.  Donc, il faut que le gouvernement nous considère et comprenne que nous sommes aussi des Maliens et qu’on peut jouer un grand rôle. Qu’il sache que notre rôle ne se limite pas à la chasse. Nous pouvons aussi protéger la nature de même que les agents de la forêt, les soldats, la garde. Nous ne sommes pas des casseurs. Un chasseur ne casse jamais. Une loi a été votée par l’Assemblée Nationale qui dit qu’un chasseur peut protéger la nature. Mais cette loi n’est pas jusque-là prise en compte.

Votre mot de la fin

En résumé, nous voulons que le gouvernement nous mette sur le même pied d’égalité que les agents de la forêt et bien d’autres qui s’occupent de la protection de la nature. Nous ne pouvons pas emprisonner quelqu’un, mais nous pouvons informer le gouvernement sur les bandits qui viennent s’installer dans notre pays. Car, nous maîtrisons la forêt même si nous n’avons pas l’autorisation. Par exemple, cette année à Djema, trente-cinq bœufs volés ont été récupérés par des chasseurs, cent à Kayes et cent autres ont été récupérés par Nègè Camara, l’un de nos chasseurs.

Nous voulons que le gouvernement nous aide pour la bonne organisation de ce congrès afin que nous puissions jouer pleinement notre rôle.

Entretien réalisé par Catherine Tounkara et Fousseni Sogoba, stagiaires

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