Dilemme de migration : partir ou rester

En vue d’avoir l’opinion des uns et des autres sur le système migratoire, la radio Kledu, en collaboration avec Deutsche welle, a organisé un débat public. C’était au Centre Culturel Français sous le thème : ‘’Dilemme de migration : partir ou rester’’. Les invités étaient Aminata Dramane Traoré, ancienne ministre, Broulaye Kéïta, Conseiller technique au ministère des maliens de l’extérieur, Ousmane Diarra, Président de l’association malienne des expulsés, Etienne Fakaba Sissoko, Professeur d’économie et de mathématiques appliquées et Cheick Fanta Mady Traoré, Coordinateur du Programme décennal de développement de la formation professionnelle pour l’emploi.migration-001
L’objectif de ce débat était de fournir des éléments de réflexion relatifs aux espoirs, aux problèmes et aux défis des migrants africains. C’est après une projection sur le système de migration à Dakar que le débat a été ouvert avec l’intervention de Salif Toukoulé, un jeune malien désespéré qui, malgré sa qualification, a décidé de partir en pose de carreaux. En dépit des nombreux déboires de la migration irrégulière, Salif soutient que la meilleure solution pour lui est de partir. Au cours de ce débat, Aminata Dramane Traoré a affirmé que ceux qui partent sont dans le désespoir, faute d’emploi et suite à l’extrême pauvreté. Pour elle, la migration est un phénomène provoqué par les pays du Nord qui venaient chercher des travailleurs en Afrique. Vu que les africains eux-mêmes décident de partir volontairement, ils veulent stopper le système. Cela doit se faire avec des principes et des formules mieux adaptées.
A l’en croire, les pays africains ne sont ni écoutés, ni respectés par l’Europe. « C’est du pire racisme. Sinon, comment accepter les Syriens et rapatrier les Africains ? En réalité, les Africains n’ont pas demandé à partir au début, ce sont les européens qui venaient les chercher pour aller travailler », a-t-elle affirmé. Ce qui est encore grave selon elle, ce sont les sommes proposées aux gouvernements africains pour gérer la migration dans leur pays, la moitié reste chez les donateurs.« Il serait difficile pour les gouvernements de gérer cette migration car, ces gouvernements ne sont pas dans leur agenda, mais dans l’agenda des européens qui leur imposent leur vision et leur politique de gestion », regrette l’altermondialiste.
Si Broulaye Kéïta a donné des statistiques et la politique de gestion de la migration du gouvernement, Etienne Fakaba Cissoko dira que les textes ne posent pas de problème, mais leur application pour avoir des résultats escomptés.
Selon lui, partir c’est développer aussi son pays. « Les jeunes partent parce qu’ils n’ont pas d’espoir. Aujourd’hui, il y a beaucoup de familles qui vivent de leurs parents en migration », a expliqué Dr Cissoko.
Pour Ousmane Diarra de l’Association des expulsés qui se dit toujours candidat à la migration, l’Etat ne fait rien pour les migrants, pas de politique d’emploi. Cette affirmation n’a pas été de l’avis de Cheick Fanta Mady Traoré de la Coordination du programme décennal de développement de la formation professionnelle pour l’emploi. Pour lui, beaucoup a été fait par l’Etat et continue d’être fait. « Pour preuve, l’Etat a injecté plus de 3 milliards FCFA dans la gestion des migrants de retour au pays. Aussi, il a aidé beaucoup d’autres à s’installer et à bénéficier des activités génératrices de revenus »a-t-il affirmé.
A noter que ces débats font partie d’un projet multi-médial, de DW, financé par le ministère allemand des affaires étrangères. Le projet global est constitué de reportages télévisés et radiophoniques, d’articles en ligne et de vidéos publiées sur les réseaux sociaux.
Drissa Togola

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *