Dr Modibo Soumaré, président de l’UPR : « La voix de la sagesse recommande qu’on accompagne le pouvoir jusqu’en 2018 »

La rubrique ‘’Le challenger de la semaine’’ s’est intéressée au Dr Modibo Soumaré, président de l’Union des Patriotes pour la République (UPR). Dans une interview, il aborde la tenue très prochaine du congrès du parti prévu pour les 12 et 13 novembre et ébauche déjà quelques attentes de ce grand rendez-vous de la vie du parti UPR.
Le Challenger : Votre congrès se tient les 12 et 13 novembre prochains. Quels en sont les enjeux ?
Dr Soumaré : Les congrès sont des périodes très utiles pour les formations politiques. Nous n’échappons pas à cette règle et ça va nous permettre de faire le toilettage des textes du parti et de tirer les leçons de notre vécu en termes de réussites et d’échecs. C’est aussi un moment pour nous de renouveler la direction nationale du parti, le bureau politique national des jeunes et des femmes. Il nous permet aussi d’améliorer et de conforter notre déclaration de principe qui est en fait, l’ossature des règles et des valeurs autour desquelles le parti travaille.
Quelles sont les attentes du congrès ?
Ce congrès est une occasion pour nous de faire une analyse sans complaisance de la situation politique, sociale et même sécuritaire du pays, de préparer des propositions fortes sur les différentes questions de la nation pour une amélioration de la situation. Aussi, nous sommes pour des valeurs républicaines laïques. Le Mali étant une République laïque où toutes les confessions religieuses peuvent s’exercer librement, il est de notre devoir, en tant que républicains, de réaffirmer cette appartenance. Des propositions sur la situation sécuritaire, le sommet Afrique-France figureront en bonne place afin de mettre la pression sur la France pour le recouvrement de l’intégrité du territoire national.
En outre, la main tendue ne signifie pas accepter toutes les compromissions. Certes, nous sommes pour les compromis et l’accord d’Alger est un grand compromis bien qu’il y ait beaucoup de passages qui font grincer les dents. Sur la question d’Iyad Ag Ghaly, il ne faut pas se voiler la face, tant qu’il restera dans la démarche de l’application unilatérale et dictatoriale de la charia, il trouvera les républicains sur son chemin. Il faut qu’il comprenne qu’on est dans une république laïque et qu’il ne peut pas continuer à déstabiliser le pays. J’ai salué la démarche de l’Imam Mahmoud Dicko qui a démontré que malgré tout, on peut parler avec le diable comme on le dit, mais cela ne veut pas dire qu’on va accepter tout. Il est aussi important qu’on sache que le Mali doit rester debout et sur ses deux pieds.
Un parti de la place s’est récemment retiré de la mouvance présidentielle, peut-on s’attendre à un tel scénario avec l’UPR ?
Nous ne sommes pas dans un phénomène de mode. Je connais bien l’ADP-Maliba. J’ai eu à travailler avec ses responsables au moment même de la création du parti quand Alou Boubacar Diallo en était le président. Je les ai côtoyés tout en sachant que ce sont aussi des républicains, ce sont des démocrates, c’est leur libre choix. Je connais assez d’animateurs de l’ADP-Maliba, que ce soit le Président actuel, le Secrétaire général qui est un peti- frère à moi, le Vice-président. Chaque parti politique a sa démarche. Le congrès du parti est souverain, la question de l’appartenance du parti, bien entendu, n’échappe pas au travail du congrès. C’est au congrès d’affirmer l’appartenance du parti à la mouvance présidentielle pour faire de nouvelles réflexions. Mais moi je suis président du bureau politique national sortant, ma démarche, c’est le soutien à IBK au deuxième tour de l’élection présidentielle et nous pensons que c’est important qu’on l’accompagne et qu’on dise nos vérités à qui veut l’entendre. Le Mali a besoin d’unité, aucun individu seul, ne sortira le Mali de la situation dans laquelle il se trouve. Pour ma part, je suggèrerai aux congressistes de travailler justement à renforcer cette démarche et à faire avec des propositions qui doivent être prises en compte.
On a déjà fait un certain nombre de propositions il ya de cela deux ans, voire trois ans, sans tambour ni trompette. Ces propositions ont été acceptées. Aujourd’hui, la participation des femmes sur les listes est de 30%. Pour ceux qui lisent les journaux, ces propositions sont de l’UPR. Ce sont des avancées et je laisse le soin aux congressistes de travailler sur tous les sujets sans tabou, sans censure aucune. La voix de la sagesse recommande qu’on accompagne le pouvoir jusqu’en 2018.
Vous êtes dans un groupement politique qui soutient IBK et ce groupement n’est plus représenté au sein du gouvernement. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Vous savez, il ya des partis politiques qui n’ont pas eu un responsable dans le gouvernement. Le président Tieman Hubert Coulibaly a travaillé dans le gouvernement depuis la Transition jusqu’à maintenant et nous pensons qu’il a abattu un travail remarquable. Certains pensaient que c’est par un bâton magique que le ministre de la défense pouvait enrayer toutes les attaques. Nous sommes dans une guerre asymétrique.
Les attaques continuent, on ne peut pas changer le ministre de la défense au gré des différentes attaques, sinon on n’en finira pas. Je pense que le Président de la République a ses raisons qui l’ont amené à changer le ministre de la défense.Nous respectons ce choix et nous sommes regardants. Nous pensons qu’il y a un certain nombre de faits qui nous honorent. Je prends l’exemple aujourd’hui sur mon jeune frère MoussaTimbiné qui est devenu Vice-président de l’Assemblée Nationale du Mali. Cela nous honore. C’est dire que notre génération est à la hauteur des responsabilités.
La vie d’un homme politique ou d’un groupement politique est ainsi rythmée. Le plus important, c’est de servir le pays et c’est dans cette optique que le président Tieman Hubert Coulibaly a travaillé au sein de la majorité et au sein du gouvernement.
Propos recueillis par Bourama Camara

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