Dr Youssouf Diawara, actuel Président du parti Yèlèma : ‘’Notre transition a beaucoup tâtonné entre rupture et continuité… »

Depuis le 3ème congrès ordinaire du parti tenu les 12 et 13 décembre 2020 à Bamako, il est le Président du comité exécutif central du Parti Yèlèma «Le Changement». Pharmacien de son état, Dr Youssouf Diawara, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a succédé à Moussa Mara qui dirigeait cette formation depuis sa création en 2010. À 46 ans, Dr Youssouf Diawara a travaillé au sein d’une entreprise belge en qualité de représentant dans quatre régions du Mali. Président du Parti dans la région de Mopti, il a été 2ème vice-président du comité exécutif central de Yèlèma. Membre à vie de la Jeune Chambre Internationale depuis 2011, il est membre fondateur du Rotary Club Mopti. Il fut Secrétaire général adjoint du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens du Mali (bureau du conseil de Mopti) de 2003 à 2013, membre fondateur et Secrétaire général de l’amical des pharmaciens et médecins de Mopti de 2002 à 2010. Le successeur de Moussa Mara à la tête de Yèlèma est un passionné du leadership et du développement communautaire. Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, Dr Diawara évoque la santé du parti avant de faire un tour d’horizon sur la situation socio-politique nationale.

Le Challenger. Pouvez-vous, Monsieur le Président, vous présenter à nos lecteurs ?

Youssouf Diawara : Je me nomme Youssouf Diawara. Je suis Docteur en Pharmacie, Chef d’entreprises, homme politique et Président du Comité exécutif central du Parti Yèlèma «Le Changement». Je suis marié et père de deux enfants.

Sous quel signe est placé votre mandat ?

En tant qu’homme politique, soucieux du devenir de nos communautés, nous n’avons pas d’autres ambitions que de nous mettre au service d’elles et apporter les solutions aux défis qui s’offrent à nous. Je place donc le mandat, qui n’est pas le mien, mais celui de l’ensemble des membres du Parti, sous le signe de «SERVIR». Servir dans la limite de nos responsabilités et de la façon la plus exemplaire possible. Nous nous devons d’être des modèles, la meilleure façon de mieux orienter nos concitoyens.

Quel est l’état de santé actuelle du parti Yèlèma ?

Le Parti se porte bien et se met en ordre de bataille pour la conquête du pouvoir. Dans cette dynamique, le congrès l’a doté d’institutions qui, certainement, vont l’aider à atteindre ses objectifs, à savoir le Comité de Direction, le Comité de Planification Stratégique, la Fondation et l’Académie. Nous recevons des centaines d’adhésion et la base se mobilise pour mieux répondre à nos ambitions.

Oui, le parti se porte de mieux en mieux ! Nous allons nous battre pour maintenir cette dynamique, plaise à Dieu !

Depuis 4 mois, la transition politique est en cours au Mali. Quelle est votre appréciation là-dessus ?

Jamais une transition, au Mali, n’a connu autant d’adversaires et d’adversités que celle-là. A se demander qui elle représente véritablement ?

Notre transition a beaucoup tâtonné entre rupture et continuité avec l’ancien système ; entre mérite et népotisme ; entre inclusion et exclusion d’un pan important de la société. Autant de situations qui ont plombé la dynamique qui devrait être celle d’une transition de cohésion. Nous sentons des initiatives d’impliquer beaucoup d’acteurs. Nous espérons que cela va se renforcer et qu’ensemble, nous pourrons aider notre pays à sortir grandi de cette situation.

L’inclusion ne veut pas dire partage de postes. Yèlèma est disponible à accompagner toutes les bonnes initiatives, même si nous n’avons aucun poste de responsabilité. Il y va de la survie de notre nation.

Le débat sur la relecture de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale issu du processus d’Alger est plus que jamais d’actualité. Quelle est votre position sur la question ?

L’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du Processus d’Alger a souffert d’une crise de confiance entre les acteurs du processus. Nous devrons donc travailler à ramener cette confiance indispensable à une sortie crise. Aussi, les difficultés liées à son application montrent l’impérieuse nécessité de revoir certains aspects, surtout les parties discriminatoires. Nous pensons qu’entre le statu quo, qui ne peut pas tenir et l’affrontement entre les fils du pays, qui n’est pas une option, il nous faut, avec courage et détermination, aller vers l’accord des braves. Les parties doivent avoir le courage d’oser pour le Mali. Nous devons inclure nos populations dans une nouvelle dynamique d’appropriation de l’accord, déposer les armes, corriger les insuffisances en commun accord, déployer l’Etat et les services sociaux de base et faire face à l’essentiel qu’est le développement pour tous.

Qu’attendez-vous de la transition ?

La transition a un temps déterminé, 13 mois maintenant. Elle ne doit pas perdre de vue son objectif principal : doter notre pays d’institutions fortes et légitimes, à travers des élections libres, démocratiques, transparentes, dans un climat de sécurité et de paix sociale. Elle doit donc s’orienter sur les réformes prioritaires, d’ordre institutionnel (la relecture de la loi électorale, la loi organique des députés et la charte des partis politiques), et d’ordre constitutionnel, car nous sommes convaincus qu’une période de transition peut être le meilleur moment pour corriger les faiblesses de la loi fondamentale si les autorités montrent une dose de sincérité, de transparence et d’inclusivité. Elle doit continuer dans ses efforts de pacification du pays et ramener l’Etat et les services sociaux de base auprès de nos communautés.

Aussi, pour les élections à venir, dans un esprit d’efficacité et de transparence, nous devrons aller vers un organe unique et indépendant de gestion.

Yèlèma a-t-il un candidat naturel pour l’élection présidentielle ?

Yèlèma aura un candidat pour l’élection présidentielle, conformément aux recommandations de son 3ème Congrès Ordinaire.

Yèlèma est une organisation démocratique avec des principes et des règles. Il choisira son candidat dans le respect strict de ces règles démocratiquement établies en son sein, au moment prévu.

Moussa Mara sera-t-il le candidat de votre parti à la prochaine présidentielle. ?

Moussa Mara est un homme d’Etat qui a construit sa personnalité en se frottant aux défis des Maliens. En tant que jeune membre et/ou dirigeant de plusieurs organisations, en tant que Maire, en tant que ministre, en tant que Premier Ministre, en tant que Député et en tant que citoyen exemplaire, il s’est toujours engagé auprès de nos concitoyens à être une solution aux difficultés. C’est une chance pour nous de l’avoir comme membre de notre formation politique. S’il est candidat, il peut être une chance pour le Mali. Mais chaque chose a son temps.

Propos recueillis par Alpha Sidiki Sangaré

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *