Elections communales en Commune V : Le jeu reste très ouvert entre les différentes formations politiques

Plusieurs formations politiques seront bien de la fête, mais faut-il aller sur une liste propre ou une nouer des alliances ? Selon de nombreux analystes locaux, les partis ayant fait le choix d’aller sur des listes communes ne seront sans doute pas à l’abri de « vote-sanction » de la part de leurs militants mécontents et frustrés de leur mise à l’écart au profit de nouveaux intrus.
Le jeu reste très ouvert entre les différentes formations politiques présentes sur le terrain. A côté des partis traditionnels comme l’Adema, l’URD, le CNID, le RPM, nous avons en face de nouvelles formations, l’ADP Maliba, le parti SADI, la Codem, qui revendiquent elles-aussi un potentiel électoral non négligeable dans la commune. Souvenez-vous de la percée assez remarquable du parti SADI, lors des dernières élections législatives partielles qui ont vu la victoire de la candidate du RPM. Mais un observateur politique local nous conseillait en ces termes « attention, n’allez pas vite en besogne dans l’analyse de ces résultats », car la performance du parti SADI n’a rien à voir avec la force de son potentiel électoral. Sabalibougou voulait donner un « député » au quartier, peu importe donc, en pareille situation la coloration du candidat. Mais dans une élection municipale, où il y a plus d’une centaine de candidats, tous natifs du même quartier, quel est le candidat qui sera vraiment capable de réaliser un score à la fois honorable et respectable ? Qu’à cela ne tienne, SADI sera bel et bien là avec ou sans les autres sur une liste d’alliance.

Adama Konaté : Un choix douteux ou raisonné ?
Le commentaire est libre dit-on. Du coup, ils sont encore nombreux, ceux qui jurent la main sur le cœur, que le candidat du RPM n’a été choisi en réalité que pour faire de la figuration : « C’est un homme de paille qui sera battu à plate couture par des figures politiques de renom qui travaillent dans l’ombre avec intelligence et méthode et qui plus est, ont surtout l’avantage de connaître les problèmes spécifiques de la commune. Adama Konaté a aussi le malheur d’être « un illustre inconnu » dans une élection de proximité, dont les principaux critères reposent essentiellement sur la popularité du candidat, la qualité de son programme, la crédibilité des hommes qui l’entourent…. », assène avec une certaine raillerie, un observateur politique local. Et pourtant cet avis jugé un peu trop sévère n’est nullement partagé par un cadre politique de la Section, qui croit plutôt que : « Konaté est un homme lucide, qui sait toujours dépassionner le débat et tourner son regard vers l’essentiel. Son choix parmi tant de jeunes cadres est surtout la meilleure illustration de son sérieux, de son engagement au sein du parti, son sens du collectif et de la responsabilité poussé à l’extrême. Au regard de toutes ses qualités, nous pouvons bien dire que son choix pour défendre les couleurs de notre parti a été un choix vraiment raisonné ». Mais avec ce report, les anciennes listes ne sont-elles pas caduques ? Car avec la nouvelle date fixée au 20 novembre, de nouveaux « chamboulements » ne sont pas impossibles, au regard même du contexte politique actuel et des nouveaux défis électoraux à relever (le RPM a fixé la barre très haut : plus de 3000 conseillers communaux à atteindre).
La nouvelle liste de candidature du parti des tisserands pourrait réserver de grosses surprises et il n’est pas exclu de voir Amadou Ouattara prendre cette fois-ci la tête de liste de ces municipales, comme il se murmure dans certains milieux bien informés de la commune. Car un maintien probable d’Adama Konaté pourrait amener certains partis partenaires à aller voir ailleurs à cause dit-on, de sa faible carrure, ou plus prosaïquement de l’extrême pauvreté du candidat pour toujours mériter le même rang. Sur cette question éminemment sensible, Amadou Ouattara reste cependant constant sur sa position : « Ce n’est pas moi seul qui décide, c’est le parti ». Si Ouattara choisit la prudence, une source bien informée du RPM nous dit de manière presque péremptoire que c’est Amadou Ouattara qui sera de toute évidence le nouveau candidat du RPM au poste de Maire en Commune V.
Depuis les élections d’avril 2009, c’est une alliance Adema-MPR-RPM qui dirige les « affaires » de la commune V, mais à l’heure du bilan global, la déception est visiblement palpable à tous les niveaux, au point que chaque formation a décidé de prendre son destin en main.
Le climat exécrable et délétère qui a toujours régné au sein de l’équipe municipale dirigée d’une main de fer par Boubacar Ba dit Bill, « un homme qui a son avenir derrière lui » n’a pas permis de créer un vrai climat de détente, de sérieux et de responsabilité susceptible de baliser la voie de la commune vers un net progrès social, tant souhaité et revendiqué depuis plusieurs années, par des populations extrêmement pressées de tourner cette sombre page de la gestion chaotique de leur commune.
Une nouvelle ère sans les Abeilles ?
Que les Abeilles partent sur une liste propre ou une liste d’alliance, cela ne changera probablement rien à l’affaire, tant la cause paraît déjà entendue, pour ce parti diminué, fragilisé, « anémié » à cause du départ en cascade de plusieurs cadres valeureux et populaires. Des cadres mécontents et indignés de la honteuse « mascarade » orchestrée il y’a quelques mois par l’inamovible Secrétaire général de la Section, lors du renouvellement de ses structures locales.
Le parti du Tigre est-il encore capable de présenter une liste propre ? En tout cas, lors des municipales reportées, il avait pris la tête de l’alliance MPR-CNID-RJP. Une alliance jugée contre-nature par certains, ou plutôt comme étant le signe d’un profond malaise pour d’autres. La CODEM qui veut aller à nouveau sur une liste propre, ne manque pas d’atouts grâce surtout aux qualités humaines et sociales de son Secrétaire général Adama Sall, lequel sera probablement la tête de liste lors des élections de novembre prochain.
Quant au parti du soleil levant, les militants restés fidèles au parti et à son président Me Mountaga Tall hésitent encore entre les stratégies à suivre, quelques jours seulement après le départ de Karim Togola, ancien président de la section et de quelques uns de ses proches. Si certains des cadres du parti ont choisi la voie médiatique (ce couteau à double-tranchant) pour « minimiser » ou ridiculiser le départ des « dissidents » du parti, il est aussi clair pour tous les bons connaisseurs de ce dossier, que le plus dur ne fait que commencer pour les « restants », c’est-à-dire tous ceux ou celles qui jurent fidélité et loyauté à Me Tall et qui sont incapables sur le terrain de pouvoir créer ce sursaut (si) nécessaire à une victoire respectable du parti au cours du scrutin de novembre. Car ce dépassement de soi au profit des intérêts supérieurs du parti est sans doute devenu une équation impossible à résoudre pour les responsables locaux du CNID en commune V.
Les femmes aussi….
Même si pour le moment, aucune femme n’a réussi à prendre la tête de liste d’une formation quelconque, il est évident qu’aucune victoire ne pourra vraiment se dessiner sans leur implication personnelle, leur sens de mobilisation massive de l’électorat. Cela est d’autant plus vrai, que sur chaque liste apparaissent de grandes « battantes » qui sont désormais prêtes à tout pour ramener la victoire dans leurs camps. Parmi ces « femmes qui comptent », l’on peut citer naturellement Mme Katilé Hadiaratou Sène (membre du comité exécutif de l’Adema), que l’on ne présente plus dans la commune grâce notamment à sa double casquette de femme politique de premier plan, mais aussi de promotrice d’une belle associative citoyenne.
Mme Bamba Assitan Togola, présidente des femmes de la CODEM, ne manque pas d’atouts nécessaires, en vue de galvaniser ses militants vers une victoire finale. Mme Massitan Touré, conseillère municipale, est une militante sincère et engagée du parti du Tigre (MPR).
Femme très populaire et charismatique, cette mobilisatrice de talent a aussi cet avantage non négligeable de résider dans le quartier le plus grand et le plus peuplé de la commune.
La commune compte également de nombreuses « Amazones » ou femmes de qualité, que nous aurons le plaisir de vous présenter dans nos prochaines parutions. BC

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