Entre Nous: Ça passe ou ça casse

Face aux actions des opposants au projet de loi portant révision de la constitution du 25 février 1992 renvoyé à l’Assemblée nationale pour des corrections par la Cour Constitutionnelle, les responsables du Rassemblement pour le Mali (RPM) volent au secours de leur « président fondateur » et initient une série d’activités pour lancer la grande contre-offensive à l’encontre des détracteurs du projet de révision constitutionnelle. Ces activités en solo du RPM peuvent donner l’impression que les tisserands n’ont pas su tisser au sein de la convention de la majorité présidentielle (CMP) pour faire adhérer les alliés à leur cause, comme si certains demeurent réticents à se mouiller. Cette probable réticence au sein de la CMP fragilise la défense de la position du Président de la République et de son gouvernement et laisse présumer une forte divergence entre les tisserands et leurs alliés à l’Assemblée nationale lors de la seconde lecture du projet de loi portant révision de la constitution. Les lieutenants du Président de la République ont-ils raison d’adopter la stratégie du tic au tac ? La suite des événements nous édifiera davantage. Tout comme le retour du Président de la République, en visite privée en France depuis le 8 juillet et la vraie position du gouvernement après l’avis de la Cour constitutionnelle.
La situation du pays n’est nullement favorable à ce genre d’empoignades. Cette posture, ça passe ou ça casse, comporte de gros risques pour la stabilité du pays. Si ça passe, tant mieux mais si ça casse, le pays pourrait replonger dans un chaos indescriptible. Ce qui compliquera davantage le processus de sortie de crise notamment, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger.
Jamais une réforme n’a fait l’objet d’autant de contestation à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Faire fi de toutes ces voix discordantes et s’entêter à aller à l’encontre d’une volonté populaire, relève d’une cécité et d’une absurdité totale.
Au nord, ça brûle. De façon régulière, l’armée enregistre des pertes humaines et matérielles importantes. Des soldats dont le seul tort est de défendre leur patrie, tombent dans des conditions épouvantables sous les balles ennemies.
Au centre notamment, certaines zones des régions de Mopti et de Ségou, les hommes d’Amadou Kouffa administrent, en lieu et place des représentants de l’administration publique qui ont plié bagages pour ne pas se faire égorger ou assassiner d’une balle dans la tête. Les assassinats sont monnaies courantes et ciblent essentiellement tous les informateurs des autorités et de l’armée malienne.
A Bamako, on manifeste dans les rues et les salles. Partisans et opposants au très controversé projet de loi portant révision de la constitution du 25 février 1992, paradent comme si rien ne se passe dans le reste du pays. Les deux camps sont au bord de l’explosion. Les prémices sont déjà là. Des jeunes sont mobilisés pour empêcher d’autres jeunes de s’exprimer sur la question de réforme constitutionnelle. A ce rythme, les affrontements entre partisans et opposants sont inévitables. Avec des conséquences imprévisibles sur la cohésion sociale déjà mise à rude épreuve.
Regardant de loin tout cela, les ennemis du Mali, les petits aventuriers de l’Azawad, ceux-là dont le seul rêve est de faire la sécession du Mali, se réjouissent et se croisent les bras. Ils ne souhaitent que le désordre à Bamako, comme ce fut le cas en 2012. Allons-nous leur prêter le flanc ?
C. Boumbia
Source: Le Challenger

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