Entre Nous : Des mises en scène ?

Le Président de la République a pris la parole deux fois en mois de 48 heures, sans oublier ses multiples rencontres. De son adresse à la nation le dimanche 14 juin à son intervention devant les ‘’forces’’ dites ‘’vives’’ au Centre international de conférence de Bamako, Ibrahim Boubacar Kéïta semble engagé dans une opération de com. pour sauver son régime menacé par la mobilisation du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces patriotiques.

Manifestement éprouvée, à en juger par ses traits tirés et sa silhouette devenue moins épaisse, nous osons espérer qu’il est de bonne foi. Et que ce ne sont pas de simples annonces faites tout juste pour casser la dynamique du M5-RFP et gagner du temps, afin de fissurer les rangs de ceux qui réclament sa démission pour ‘’incompétence et incapacité à gouverner le Mali’’. Car, poussé qu’il est dans ses derniers retranchements par des populations en colère, parce que convaincues qu’il abuse de leur confiance depuis 7 ans, il aurait été mal inspiré si ce n’était que de théâtrales mises en scène.

Depuis février 2020, les jeunes écoliers expriment, dans les rues à travers le pays jusqu’à s’égosiller, leur volonté d’aller en classe. Pour revendiquer ce droit fondamental, ces milliers d’enfants ont parfois obstrué la voie publique pour se faire entendre. Mais Koulouba est resté sourd à leurs cris de détresse.

Certaines des annonces présidentielles, telles l’application immédiate et intégrale de l’article 39 du statut autonome des enseignants et le gouvernement d’union nationale, continuent de susciter commentaires et interrogations. Elles semblent conforter ses détracteurs dans leur conviction qu’IBK est un assoiffé du pouvoir qui ne cherche qu’à jouir des apparences de l’exercice de la fonction suprême.

La perspective d’un second grand rassemblement ce vendredi 19 juin 2020 à la Place de l’Indépendance et l’entrée dans la danse de la Diaspora malienne avec des manifestations en France et aux Etats-Unis d’Amérique, semblent avoir semé la fébrilité voire la panique dans son entourage. Sera –t-il réceptif à l’usage de la machine répressive tel que le prônent les faucons du régime ?

Est attendue à Bamako, ce jeudi 18 juin 2020, une délégation des ministres des Affaires étrangères de la Cedeao. Sa médiation sera-t-elle couronnée de succès, contrairement à celles menées jusqu’ici par le Cadre de médiation et de veille des confessions religieuses et de la société civile, l’ancien chef de l’Etat, Général Moussa Traoré, le doyen du corps diplomatique, SE Hassan Naciri, Ambassadeur du Royaume chérifien à Bamako ?

Nous l’espérons, même si force est de constater qu’entre l’homme plébiscité en 2013 et une quotité non négligeable de ses mandants, c’est plus que jamais une question de confiance. Or, selon le poète latin Publilius Syrus : ‘’ la confiance à l’âme est semblable en un point : une fois envolée, elle ne revient point’’.

Les partis politiques – toutes tendances confondues- les organisations de la société civile, les dignitaires religieux, le secteur privé, les ordres professionnels, les syndicats doivent maintenant se donner la main. Leurs actions doivent concourir à sauver le Mali.

Chiaka Doumbia

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