Entre nous : Kidal: peut-on éviter la guerre ?

Anefis, Niamey et Bamako ? Il faut emprunter plusieurs chemins pour faire revenir Kidal dans le giron de la République. Ce retour tant attendu par de nombreux citoyens n’est pas pour demain au regard des obstacles majeurs qui empêchent les différents protagonistes à mettre entre parenthèses leurs petits intérêts égoïstes et communautaires. Le statu quo actuel qui bloque toute avancée dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation ne peut pas trop durer. A ce rythme, avec la surenchère des uns et des autres, il n’y aura jamais de solution pour l’équation Kidal. Pourquoi ne pas faire revenir l’Etat surtout que les deux groupes sont à couteaux tirés ? Difficile à répondre.
La mise en place des autorités intérimaires est au point mort. Après les événements tragiques de Gao, le gouvernement, à travers le ministère de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, a entrepris une vaste campagne de sensibilisation et d’information dans les régions sur ces autorités.
Le médecin après la mort ! Le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (Hcua) et le Groupe d’auto-défense des Imghads (Gatia) et alliés se sont violemment affrontés au cours des dernières semaines pour le contrôle de la ville. Les responsables du Hcua se battent comme des diables pour faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’une guerre communautaire entre les Ifoghas et les Imghads. Les négociations entamées à Bamako sous l’égide du Haut représentant du Chef de l’Etat pour la mise en œuvre de l’Accord ne donnent pas les résultats attendus. Même si les discussions de Bamako accouchent d’un protocole d’accord, il ne faut pas se faire trop d’illusions. Puisqu’avant même que les délégations ne quittent Niamey, les armes ont crépité avec à la clé des morts à déplorer. Comme quoi, les signataires se fichent éperdument de leurs propres cachets.
Dans le contexte actuel, la communauté internationale à prendre l’initiative de faire revenir l’Etat dans la région de Kidal. À défaut, elle doit aider le gouvernement de la République du Mali de s’installer à Kidal, même par la force, s’il y a lieu. Ce qui serait conforme à toutes les résolutions votées par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, qui consacrent l’intégrité territoriale et une présence effective des structures de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Il faut que la communauté internationale arrête de fermer les yeux et commence enfin à jouer un franc jeu, en évitant de soutenir un groupuscule à Kidal dont les leaders ne cessent de prendre leurs désirs pour la réalité.
Peut-on éviter la guerre pour reconquérir Kidal ? La guerre n’est pas bonne. Personne ne la souhaite. Mais le problème de Kidal est tel que la question mérite d’être posée. La situation à Kidal ne peut et ne doit pas rester ainsi. Le gouvernement du Mali doit pouvoir faire quelque chose pour ne pas rester impuissant face à ce désastre humanitaire. En l’absence d’une telle réaction vigoureuse de la part de Bamako, il ne sera pas surprenant de voir Kidal placé, demain ou après demain, sous la tutelle des forces de la communauté internationale, lesquelles rechignent à chasser les groupes armés de la ville par peur de la réaction de leurs partisans.
Chiaka Doumbia

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