Entre nous : Le Mali cherche un leader !

« On ne peut pas effectuer des changements fondamentaux sans une certaine dose de folie. Pour ce faire, il faut être non conformiste, avoir le courage de tourner le dos aux anciennes formules, et celui d’inventer le futur. Car c’est parce qu’il y en a eu des fous dans le passé que nous pouvons agir avec une extrême clairvoyance aujourd’hui », déclarait Capitaine Thomas Sankara, ancien Chef d’Etat du Burkina Faso.

La République du Mali, qui a fêté le 22 septembre dernier le 59ème anniversaire de son accession à l’indépendance a besoin, à défaut d’un fou comme le dit Thomas Sankara, d’un leader qui n’hésitera pas à porter la blouse d’un chirurgien pour opérer sans anesthésie.

Il faut, au Mali, un homme d’Etat, un visionnaire en mesure d’opérer les indispensables changements dans la gestion du pays pour qu’il cesse d’être la risée du monde entier à force  de patauger. Pas de démagogue ou d’hypocrite qui accède au pouvoir au moyen de la ruse et de nombreuses compromissions.

Il nous faut un chirurgien qui n’a nullement besoin des services d’un anesthésiste pour faire les ablations indispensables à la survie d’un grand malade que les thérapies de la «communauté internationale» peinent à guérir. Il nous faut un chirurgien sans anesthésiste qui ose s’attaquer au cancer de l’impunité qui sape les fondements de la République.

Ce chirurgien peut mener un combat sans merci contre la corruption, la délinquance financière et l’enrichissement illicite, des pratiques vicieuses devenues panacées dans notre société où naguère les voleurs se cachaient plutôt pour échapper aux regards.

Ce chirurgien sera inflexible dans la lutte contre la corruption et sourd « aux chantages des politiciens qui ne peuvent plus suivivre sans la manne de l’Etat » et aux incantations de prétendus leaders religieux.

Il nous faut un tel chirurgien pour mener une lutte implacable contre les fonctionnaires véreux et les opérateurs économiques qui sucent le sang du peuple pour s’enrichir en toute impunité.

Il nous faut ce chirurgien pour appliquer la loi et les textes de la République dans toute leur rigueur, sans considération partisane ou politicienne. Il nous faut ce chirurgien pour mettre fin au laisser-aller qui déshumanise les établissements publics sanitaires.

Il nous faut ce chirurgien pour frapper fort dans la termitière du système éducatif afin d’y mettre de l’ordre au seul bénéfice de la République.

Il nous faut ce chirurgien là pour éventrer la mafia qui a pris les locomotives de la spéculation foncière, faisant de nos terres des mines intarissables.

Il nous faut un chirurgien sans anesthésiste pour mener avec courage et détermination les réformes indispensables qui poseront les jalons d’une gouvernance vertueuse et débarrasseront la République de toutes les institutions inutiles et budgétivores comme la Primature, le Conseil économique, social et culturel, la Haute Cour de Justice, le Haut Conseil des Collectivités, la Cour Constitutionnelle.

Il nous faut un chirurgien sans anesthésiste qui frappera au sein de la grande muette pour la débarrasser des pratiques qui ont relégué à un niveau aussi bas les forces armées de défense et de sécurité.

Il nous faut un chirurgien sans anesthésiste pour mettre fin aux dépenses de prestige à travers une orientation stratégique des ressources publiques vers des investissements plus productifs.

Il nous faut un chirurgien sans anesthésiste pour instaurer une justice sociale, mettre les gens au travail et anéantir l’anarchie en cours dans le pays.

Ce leader qu’il faut pour le Mali doit rester insensible aux cris et autres larmes de crocodile des enfants de ce grand malade qui sont la cause du mal de leur mère-patrie suite à leurs comportements indécents aggravés par leurs trahisons.

Par Chiaka Doumbia

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